
Presse sénégalaise : une corporation minée par la division et la jalousie
Par Mamadou Camara, journaliste-communicant
À Dakar comme ailleurs, l’« association pour la défense » des journalistes pose question. Défendre qui, au juste ? La vérité, c’est que cette corporation est gangrenée de l’intérieur. Divisions, rivalités, calculs personnels… voilà le triste visage d’un milieu où l’intérêt collectif a depuis longtemps été relégué au second plan.
Les associations censées protéger la profession se battent d’abord pour leurs propres privilèges. À chaque aide de l’État ou appui institutionnel, c’est la ruée : comme des lions affamés autour d’une proie. Et lorsque l’une d’elles est oubliée ou non invitée à une rencontre officielle, elle se met aussitôt à critiquer les autres.
Pendant ce temps, les confrères et consœurs des régions restent en marge, ignorés, oubliés, alors qu’ils affrontent des réalités bien plus dures que celles de Dakar. On parle de solidarité et de défense, mais sur le terrain, c’est tout le contraire.
La première chose à régler dans notre profession, c’est la jalousie, la méchanceté et la culture du mensonge. Tant que nous n’aurons pas le courage de regarder nos propres tares en face, la presse sénégalaise restera prisonnière de ses querelles intestines.
