FDR Kaolack : une gouvernance politique et institutionnelle sévèrement critiquée

À mi-mandat du régime de Bassirou Diomaye Faye et d’Ousmane Sonko, le Front pour la Défense de la République (FDR) de Kaolack porte un regard particulièrement critique sur la gouvernance politique et institutionnelle du pays.

Pour les responsables du FDR, les deux années et demie écoulées sont marquées par des tensions politiques persistantes, des polémiques, des affrontements entre acteurs du pouvoir et une profonde remise en question des pratiques institutionnelles. La coalition estime que les promesses de rupture et de renouveau démocratique affichées au moment de l’accession au pouvoir n’ont pas produit les résultats attendus.

Le FDR dénonce notamment ce qu’il considère comme une politisation excessive de l’appareil d’État, ainsi qu’une gestion institutionnelle marquée par les règlements de comptes et la volonté de solder des différends politiques antérieurs.

Une gouvernance institutionnelle sous tension

Sur le plan institutionnel, les responsables du FDR s’interrogent sur certaines décisions prises depuis l’arrivée du nouveau pouvoir, notamment en matière de nominations, de fonctionnement des institutions et de gestion de l’administration publique.

Ils critiquent également les conditions dans lesquelles certains postes stratégiques ont été attribués, estimant que les principes de compétence, d’expérience et de transparence devraient davantage guider les choix de l’État.

La question des appels à candidature figure également parmi les sujets soulevés par le FDR, qui appelle à une véritable transparence dans la sélection des responsables appelés à occuper les fonctions publiques.

Justice et opposition politique

Le fonctionnement de la justice constitue également un point majeur des critiques du FDR. Ses responsables dénoncent ce qu’ils qualifient de « justice à la carte » et accusent le pouvoir d’utiliser les procédures judiciaires contre certains de ses adversaires politiques.

Le FDR réclame, à ce titre, une justice indépendante, impartiale et équitable pour tous, quelles que soient les appartenances politiques.

La coalition estime que la consolidation de l’État de droit doit rester au cœur de la démocratie sénégalaise et que les institutions doivent être protégées de toute instrumentalisation politique.

La prochaine bataille électorale en ligne de mire

Au-delà de la critique du pouvoir, le FDR entend désormais préparer une alternative politique.

Créé en février 2025 à Dakar, le regroupement veut fédérer les forces de l’opposition autour d’une coalition électorale nationale. À Kaolack, les organisations fondatrices affirment leur volonté de renforcer leur implantation dans la commune et le département afin de participer activement aux prochaines échéances électorales.

Pape Mbathie, de l’APR, et Diokel Gadiaga ont ainsi appelé à la mobilisation, estimant que « bientôt, les candidats seront réveillés ».

Sur le calendrier républicain, les responsables du FDR indiquent par ailleurs avoir saisi la Cour suprême et attendre la suite réservée à leur requête.

La transhumance politique dénoncée

Autre sujet de préoccupation pour le FDR : la transhumance politique.

Mapathé Ba, de la LD, ainsi que plusieurs membres du regroupement, ont fermement dénoncé cette pratique qu’ils considèrent comme contraire à l’éthique politique et peu favorable à la consolidation de la démocratie.

À Kaolack, le FDR entend ainsi poursuivre son travail de structuration et de mobilisation, avec un objectif clairement affiché : rassembler les forces politiques qui souhaitent constituer une alternative au pouvoir actuel et préparer les prochaines échéances électorales.

Mamadou Camara – Journaliste

Camou Communication / Kaolack

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