Geste chevaleresque à l’Assemblée nationale : Pastef choisit Aïssata Tall Sall pour conduire l’enquête sur les TRS

C’est un choix qui ne manque pas de susciter des commentaires dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Alors que la majorité parlementaire est dominée par PASTEF, les députés du groupe ont accepté que Me Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku-Wallu Sénégal, soit portée à la tête de la commission d’enquête parlementaire consacrée aux mécanismes financiers de type Total Return Swap (TRS).

Certains observateurs de la scène parlementaire parlent déjà d’un « geste chevaleresque » de la majorité. Une expression qui traduit surtout la portée politique du choix : la commission a été sollicitée par le groupe Takku-Wallu, mais sa présidence revient finalement à sa principale responsable parlementaire.

Le dossier des TRS avait déjà fait l’objet de plusieurs interventions publiques de Me Aïssata Tall Sall. En mars 2026, elle avait annoncé son intention de demander une commission d’enquête afin d’obtenir davantage d’éclaircissements sur une opération financière estimée à plusieurs centaines de millions d’euros.

Quelques mois plus tard, la majorité parlementaire PASTEF a ratifié la création de cette commission. Des articles publiés en août avaient déjà souligné le caractère inhabituel de cette convergence entre majorité et opposition autour d’une même procédure de contrôle parlementaire.

Une présidence qui interpelle

Le choix de Me Aïssata Tall Sall donne ainsi une dimension particulière à cette commission. Alors que plusieurs autres commissions d’enquête sont dirigées par des députés de la majorité, celle portant sur les TRS est confiée à une responsable de l’opposition parlementaire.

La commission devra notamment examiner les conditions d’utilisation de ces mécanismes financiers, leur fonctionnement, ainsi que les engagements pris dans le cadre de ces opérations.

Le sujet est d’autant plus sensible que les TRS ont été utilisés dans le cadre de la gestion de la dette publique sénégalaise et qu’ils ont suscité des interrogations sur la transparence et l’information du Parlement.

Au-delà des clivages politiques

Dans une Assemblée nationale souvent marquée par la confrontation entre majorité et opposition, cette décision constitue une séquence parlementaire particulière.

Pour ses défenseurs, le choix de Me Aïssata Tall Sall peut être lu comme un signal donné au principe du contrôle parlementaire : une enquête demandée par l’opposition peut être conduite sous la responsabilité d’une députée issue de cette même opposition, avec l’accord de la majorité.

Reste désormais à savoir ce que produira cette commission et quelles conclusions seront tirées de ses travaux.

Une chose est certaine : en confiant à Aïssata Tall Sall la présidence de cette commission, les députés de PASTEF ont créé une image politique forte. Un geste que certains qualifient de chevaleresque, mais dont la véritable portée se mesurera surtout aux résultats de l’enquête.

Mamadou Camara — Journaliste

Camou Communication / Kaolack

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