Dakar – 26 septembre 2026. L’affaire impliquant le lutteur sénégalais Oumar Kane, dit « Reug Reug », prend une nouvelle tournure avec les révélations rapportées autour de l’origine présumée des « billets noirs » au cœur de l’enquête menée par la Brigade de recherches de Faidherbe.
Selon les informations rapportées par plusieurs médias sénégalais, un promoteur de courses hippiques, désigné par l’initiale S., aurait été cité au cours des auditions comme une personne ayant fourni, dans le passé, des « billets noirs » à l’un des suspects. Ce promoteur, que les enquêteurs chercheraient à retrouver, serait actuellement injoignable.
Une enquête déclenchée par un renseignement
L’enquête aurait débuté le 18 septembre 2026, à la suite d’un renseignement parvenu à la Brigade de recherches de Dakar/Faidherbe. Les enquêteurs cherchaient alors à identifier des personnes soupçonnées de détenir des supports noircis pouvant être présentés comme des billets de banque et qui auraient cherché un technicien capable de procéder à leur « lavage ».
Pour remonter la filière, les gendarmes auraient mis en place un dispositif d’infiltration. Des agents se seraient présentés comme des spécialistes capables de traiter ces supports et de les rendre utilisables. Plusieurs rendez-vous auraient ensuite été envisagés notamment à Thiaroye, Pikine et Hann-Maristes, avant l’intervention des enquêteurs le 24 septembre.
Reug Reug interpellé avec des supports noircis
C’est dans ce contexte que le lutteur Oumar Kane, alias Reug Reug, a été interpellé. Selon les informations publiées par Seneweb et reprises par d’autres médias, il se serait présenté au rendez-vous avec des caisses contenant des supports noircis présentés comme des coupures de 100 dollars.
Un véhicule loué que le lutteur conduisait aurait également été saisi. Les enquêteurs auraient par ailleurs découvert un autre lot de supports noircis ainsi que du papier fiduciaire présenté comme contrefait au domicile de l’un des suspects.
Les médias rapportent également que la valeur estimée des supports saisis atteindrait environ 830 millions de francs CFA. Cette estimation concerne toutefois les supports présentés dans le cadre de l’enquête et ne signifie pas qu’une somme de 830 millions de francs CFA en monnaie authentique ait été saisie.
Plusieurs personnes interpellées
L’opération menée par les enquêteurs ne s’est pas limitée à Reug Reug. Plusieurs autres personnes ont été interpellées dans le cadre de la même procédure.
Parmi les personnes placées en garde à vue figureraient Oumar Kane, son oncle maternel A. B. Ndiaye, ainsi qu’un certain D. Faye, présenté comme un « saltigué » et préparateur mystique. Les premières informations faisaient également état de quatre autres personnes interpellées au cours de l’opération.
Les faits visés par la procédure sont notamment présentés comme relevant de l’association de malfaiteurs et de la contrefaçon de billets ayant cours légal. D’autres médias ont évoqué également le trafic de faux billets et la tentative de corruption. Les qualifications judiciaires précises devront être confirmées par la procédure et, le cas échéant, par les autorités judiciaires compétentes.
Le rôle présumé d’un promoteur de courses hippiques
C’est l’un des nouveaux éléments qui retient particulièrement l’attention.
D’après les informations publiées par Senego, D. Faye aurait déclaré aux enquêteurs avoir reçu, depuis un certain temps, des « billets noirs » provenant d’un promoteur de courses hippiques identifié par l’initiale S.
Les enquêteurs auraient cherché à retrouver ce fournisseur présumé au niveau du Kilomètre 50, sur la route de Thiès, mais celui-ci n’aurait pas été localisé. Il serait depuis injoignable, selon les mêmes informations.
À ce stade, le rôle exact de cette personne n’est pas établi publiquement. Son éventuelle implication, les circonstances dans lesquelles elle aurait fourni les supports et la destination de ceux-ci restent des questions relevant de l’enquête.
Les déclarations des personnes interpellées
Les auditions constituent désormais un élément central des investigations. Selon les informations rapportées par Senego, Reug Reug aurait contesté toute implication directe dans l’origine des supports et aurait expliqué que ceux-ci lui auraient été remis par A. B. Ndiaye.
Ce dernier aurait, selon la même source, déclaré avoir acheté les supports au Kilomètre 50, sur la route de Thiès, avant de les confier à son neveu parce qu’il ne disposait pas d’un endroit pour les conserver.
Ces déclarations devront naturellement être confrontées aux autres éléments recueillis par les enquêteurs, notamment les saisies, les échanges entre les personnes concernées et les éventuels témoignages.
Une enquête qui pourrait encore s’élargir
L’affaire est donc loin d’avoir livré tous ses éléments. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer l’origine exacte des supports, l’identité des éventuels fournisseurs, le rôle de chaque personne interpellée et l’existence éventuelle d’autres acteurs dans la chaîne.
La recherche du promoteur de courses hippiques cité dans les auditions pourrait constituer une étape importante pour comprendre les ramifications de cette affaire.
Pour l’heure, les informations disponibles proviennent essentiellement de sources médiatiques citant des éléments de l’enquête. Les responsabilités individuelles restent à établir et toute personne mise en cause bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle décision judiciaire définitive.
L’affaire Reug Reug apparaît ainsi comme un dossier en pleine évolution, dont les prochains développements pourraient permettre de préciser l’origine des « billets noirs », les circuits par lesquels ils auraient circulé et les responsabilités éventuelles de chacun.
Mamadou Camara-Journaliste
Camou Communication
Kaolack
