À l’approche du passage de grade du 25 octobre 2026, le projet de création d’une Union nationale des inspecteurs et arbitres de football suscite des interrogations sur ses motivations, dans un contexte marqué par des divergences internes et des frustrations présumées au sein de la corporation.
L’arbitrage sénégalais est-il traversé par une véritable crise organisationnelle ou par des rivalités nées de frustrations individuelles et de divergences électorales ? À Kaolack, le projet de mise en place d’une Union nationale des inspecteurs et arbitres de football du Sénégal relance le débat sur l’organisation, l’encadrement et la représentativité des acteurs de l’arbitrage.
En réaction à cette initiative, des voix proches des structures actuelles de l’arbitrage contestent les motivations des initiateurs du projet. Elles estiment que cette démarche serait portée par un groupe restreint de bénévoles, parmi lesquels figureraient d’anciens joueurs et des arbitres en désaccord avec certaines décisions prises au sein de la corporation.
Des frustrations et des rivalités en toile de fond
Selon les éléments avancés par les défenseurs des instances actuelles, les tensions trouveraient notamment leur origine dans les dernières élections de renouvellement des structures de l’arbitrage, notamment les CRA et les CCA. Les résultats de ces scrutins auraient laissé des frustrations chez certains acteurs, alimentant des divergences qui se seraient progressivement accentuées.
À ces contestations électorales s’ajouteraient, selon les mêmes sources, des déceptions liées à des examens ou à des tests physiques, ainsi que des mises en cause concernant la participation présumée de certains arbitres à des rencontres non autorisées, communément appelées « matchs clandos ».
Ces accusations, qui restent à vérifier, ne sauraient toutefois être considérées comme des faits établis sans éléments probants ni les explications des personnes concernées. Les initiateurs du projet sont également attendus sur leurs motivations, leurs objectifs et les garanties qu’ils entendent apporter quant à la représentativité de leur future organisation.
Le passage de grade du 25 octobre en ligne de mire
Cette controverse intervient à quelques jours du passage de grade écrit prévu le dimanche 25 octobre 2026 sur l’ensemble du territoire national. Selon les informations communiquées par les défenseurs de la procédure actuelle, près de 4 000 arbitres devraient participer à cette évaluation.
Pour ces derniers, cette échéance constitue un rendez-vous important pour l’évolution des arbitres et le fonctionnement régulier de la corporation. Ils considèrent que les agitations observées ne doivent pas occulter les efforts de l’ensemble des officiels qui se préparent à cette évaluation.
Ils soutiennent également que les contestations doivent être exprimées dans le respect des procédures établies, avec des arguments précis et des demandes clairement formulées.
Liberté d’association et encadrement de l’arbitrage : deux questions distinctes
La création d’une association est libre au Sénégal, dans le respect des dispositions légales en vigueur. Toutefois, cette liberté ne signifie pas qu’une nouvelle structure peut automatiquement se substituer aux instances officiellement chargées de l’organisation et de l’encadrement de l’arbitrage.
Dans le football sénégalais, les structures compétentes, notamment les commissions centrales et régionales d’arbitrage, interviennent dans le cadre de l’organisation fédérale. Dès lors, les promoteurs de l’Union nationale en gestation devront clarifier la nature de leur projet, son champ d’intervention et ses rapports avec les instances existantes.
L’enjeu est donc de distinguer le droit légitime de se regrouper de la question des prérogatives liées à la gestion officielle de l’arbitrage.
Un appel à la responsabilité et à la clarification
Au-delà des divergences, la priorité devrait rester la préservation de la cohésion du corps arbitral, la transparence des évaluations et le respect des règles qui encadrent le football sénégalais.
Les initiateurs du projet gagneraient à exposer publiquement leurs motivations et les objectifs concrets de leur démarche. De leur côté, les responsables des structures actuelles sont également appelés à apporter les clarifications nécessaires sur les procédures d’évaluation, les critères de progression et les voies de recours ouvertes aux arbitres.
À Kaolack comme ailleurs, l’arbitrage a besoin de sérénité, de crédibilité et d’un dialogue responsable. La création d’une nouvelle organisation ne devrait ni devenir un instrument de règlement de comptes ni être rejetée sans examen de ses objectifs réels.
La véritable question reste entière : cette Union nationale en gestation répond-elle à un besoin collectif de réforme et de représentation, ou traduit-elle des divergences internes qu’il conviendrait de régler au sein des cadres compétents ? Seul un débat contradictoire, fondé sur des faits vérifiables et les positions de toutes les parties, permettra d’y répondre.
Mamadou Camara – Journaliste
Camou Communication
Kaolack
