Licences de pêche au Sénégal : Mamadou Goudiaby s’explique devant la commission d’enquête parlementaire

L’ancien directeur des Pêches maritimes, Mamadou Goudiaby, a été entendu, jeudi 29 octobre 2026, par la commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner les conditions de délivrance et de renouvellement des licences de pêche au Sénégal. Cette audition, présidée par la députée Oulimata Sidibé, a essentiellement porté sur les procédures d’attribution des licences durant son passage à la tête de la Direction des Pêches maritimes, entre février 2015 et juin 2020.

Face aux parlementaires, l’ancien responsable est revenu sur le cadre juridique qui encadrait ses fonctions, notamment la loi du 13 juillet 2015 portant Code de la pêche et son décret d’application du 22 novembre 2016.

À ce titre, Mamadou Goudiaby a rappelé qu’aucune nouvelle licence ne pouvait être délivrée sans consultation préalable de la Commission consultative des licences de pêche, dont il assurait la présidence. Il a cependant précisé que l’avis de cette commission, qu’il soit favorable ou défavorable, ne liait pas le ministre chargé de la Pêche, qui conservait la prérogative de décision.

L’ancien directeur a également tenu à distinguer les nouvelles demandes de licences des procédures de renouvellement ou de complément de dossiers, estimant que ces dernières ne relevaient pas des attributions de la Commission consultative.

Des écarts entre les avis et les licences accordées

Les députés ont particulièrement insisté sur les écarts relevés entre les avis favorables de la commission et le nombre de licences effectivement délivrées par le ministère.

Les chiffres évoqués au cours de l’audition font état de 25 avis favorables en 2018, contre 34 licences accordées. En 2019, la flotte de pêche serait passée de 177 à 197 navires, soit une augmentation de 20 unités, alors que le ministre de l’époque n’aurait approuvé que neuf avis favorables.

Interrogé sur la présence de navires ayant obtenu des autorisations sans avoir été examinés par la commission ou sans figurer dans ses procès-verbaux, Mamadou Goudiaby a réaffirmé que les actes pris en dehors de cette instance ne relevaient pas de sa responsabilité en tant que président de la Commission consultative.

Les accords de pêche avec l’Union européenne également évoqués

L’audition a aussi permis d’aborder la gestion des accords de pêche entre le Sénégal et l’Union européenne. L’ancien directeur a présenté les différentes étapes du processus institutionnel, depuis les discussions préparatoires jusqu’à la signature des protocoles, notamment les mécanismes de fixation des quotas et des redevances.

Enfin, Mamadou Goudiaby est revenu sur le rôle de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT) dans la gestion des ressources thonières et la détermination des capacités de pêche autorisées durant son mandat.

Cette audition s’inscrit dans le cadre des investigations parlementaires visant à faire la lumière sur les mécanismes de délivrance et de renouvellement des licences de pêche au Sénégal, un dossier qui soulève d’importantes questions sur la transparence et la gouvernance des ressources halieutiques nationales.

Mamadou Camara, journaliste

Camou Communication

Kaolack

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