Sénégal/Élevage :Le champion Alkhamdou
Les difficultés des éleveurs de Ladoum au Sénégal : entre passion et précarité
Par Mamadou Camara, journaliste – Camou Communication
Le Ladoum, symbole de prestige dans l’élevage sénégalais, continue de séduire par sa beauté et sa rareté. Mais derrière l’éclat des concours et la fierté nationale se cachent de véritables difficultés pour les éleveurs.
1. Coût élevé de l’alimentation
Les aliments pour bétail, tels que le son, le maïs ou les compléments nutritionnels, connaissent une hausse constante. En période de soudure, les pâturages se raréfient, mettant en difficulté de nombreux éleveurs.
2. Infrastructures insuffisantes
La plupart des éleveurs manquent d’enclos adaptés, de points d’eau sécurisés ou d’abris résistants aux intempéries. Cette précarité freine la productivité et expose le bétail aux maladies.
3. Accès limité aux soins vétérinaires
Les services vétérinaires sont souvent insuffisants ou éloignés des zones d’élevage. Faute de moyens, certains éleveurs recourent à des traitements traditionnels, aux résultats incertains. Les maladies comme la peste des petits ruminants (PPR) provoquent d’importantes pertes.
4. Manque de financement
L’élevage de Ladoum nécessite des investissements lourds pour l’achat de reproducteurs, l’entretien et les soins. Pourtant, peu d’institutions financières accordent de crédits adaptés, freinant le développement du secteur.
5. Spéculation et concurrence déloyale
Le marché est de plus en plus dominé par la spéculation. Certains acteurs achètent pour revendre à prix fort, faussant la concurrence et impactant les éleveurs traditionnels.
6. Organisation et formation
Beaucoup d’éleveurs travaillent encore isolés, sans cadre coopératif solide. Le manque de formation en gestion, en reproduction ou en santé animale limite la rentabilité des exploitations.

Conclusion
Malgré sa renommée, l’élevage du Ladoum reste confronté à des défis majeurs. Un soutien accru de l’État, des collectivités et des organisations professionnelles — notamment en alimentation, soins, financement et formation — est indispensable pour garantir un secteur durable et prospère.
Par Mamadou Camara, journaliste – Camou Communication
