Sénégal/Religion :
El Hadj Alioune Dia : itinéraire d’un homme de Dieu et icône méconnue de la Tidjaniya au Sénégal
De Rufisque à la consécration par Maodo, un parcours exemplaire de résilience, de savoir et de dévouement spirituel
Par Amadou Moustapha Diop, sociologue et médiateur social
Parmi les disciples illustres de Maodo (Seydil Hadj Malick Sy), certains parcours se détachent par leur exemplarité et leur valeur spirituelle. C’est le cas de El Hadj Alioune Dia, figure centrale de la Tidjaniya à Rufisque et au Sénégal, dont la vie est un véritable manuel de sagesse et d’endurance.
Biographie et formation
Né en 1875 à Rufisque de Serigne Mouhamadou Dia et Sokhna Anna Diagne, El Hadj Alioune Dia débute très tôt son parcours religieux. À 7 ans, il part à Saint-Louis pour suivre des études coraniques avant de rejoindre son oncle à Pout et, plus tard, Thierno Yoro Ndiaye à Bargny pour approfondir le droit musulman. De retour à Saint-Louis, il perfectionne ses connaissances en grammaire et en littérature arabe.
Sa rencontre en 1900 avec Seydil Hadj Malick Sy marque un tournant : il passe 15 ans auprès de son maître, devenant un érudit accompli et se voyant décerner le titre de Moukhadam dans la Tidjaniya. Reconnu pour sa loyauté et sa discrétion, il est même choisi comme intermédiaire entre Maodo et Cheikh Ahmadou Bamba.
Mission et engagement
À Rufisque, il devient Qadi (juge musulman), nommé par le Gouverneur Général de l’AOF sur recommandation de Seydil El Hadj Malick Sy. Il occupe cette fonction jusqu’à son rappel à Dieu le 1er novembre 1946, après avoir accompli deux pèlerinages à Makkah.
Son parcours témoigne d’une résilience exceptionnelle, d’une soif insatiable de savoir et d’un engagement total dans la transmission des sciences religieuses. Sa vie illustre le postulat : « apprendre, c’est souffrir », avec persévérance et rigueur.
Valeurs et héritage
El Hadj Alioune Dia incarne deux valeurs cardinales :
1. La résilience face aux adversités
2. Le dévouement à la tarbiya et à l’obéissance spirituelle
Sa vie, marquée par l’étude, l’enseignement et la justice sociale, constitue un modèle pour les générations présentes et futures : vivre utilement, apprendre constamment et mourir honorablement pour espérer la grâce divine.
Mémoire et commémoration
La Zawiya El Hadj Alioune Dia à Rufisque, qui regroupe les quartiers de Diokoul, Leona et Cités Filaos, perpétue son héritage. Chaque 1er novembre, la communauté célèbre sa mémoire et met en lumière son œuvre spirituelle, un événement coordonné par les héritiers et des personnes ressources.
Réapproprions-nous les enseignements de nos anciens pour renforcer le vivre-ensemble et transmettre les valeurs spirituelles, sociales et morales dans un contexte contemporain souvent fragile.

Précision : La partie biographique a été sourcée auprès de Meissa Ndiaye Beye, Inspecteur de l’éducation à la retraite et ancien conseiller culturel du Maire de Rufisque.
Texte repris par Mamadou Camara, journaliste
Camou communication
Pour rendre hommage au Saibt Homme
