*Sénégal/Economie- Volontaires pour la Consommation : une bonne idée , cependant on doit écouter attentivement tous les techniciens et experts pour avoir les résultats escomptés * L' experience fait toujours la différence

Volontaires de la Consommation : bonne idée, mauvaise méthode ?

 

Quand la précipitation compromet la crédibilité du contrôle commercial

 

Par Mamadou Camara, journaliste / communicant

 

L’initiative de recruter un millier de volontaires de la consommation aurait pu être saluée comme une avancée majeure dans la lutte contre la fraude, la spéculation et les pratiques commerciales déloyales. Mais à y regarder de près, cette mesure suscite de légitimes interrogations quant à sa préparation, sa pertinence et son encadrement.

 

Comme ce fut le cas avec les ASP dans la circulation, on observe une confusion des rôles : des volontaires, formés en quelques jours seulement, se retrouvent à exercer des missions de contrôle sans disposer d’aucune habilitation légale ni des compétences techniques nécessaires. Or, selon les textes en vigueur, nul n’est autorisé à accéder librement aux lieux de commerce pour y effectuer des contrôles sans assermentation ou mandat officiel.

 

Une formation expéditive pour une mission exigeante

 

Une formation de moins d’une semaine ne peut en aucun cas remplacer les deux années d’apprentissage et les stages pratiques imposés aux véritables agents du commerce. Comment garantir alors la rigueur, l’impartialité et la conformité de leurs interventions ?

 

Un commerçant bien informé et conscient de ses droits peut, en toute légitimité, refuser le contrôle d’un volontaire non habilité. Ce manque de préparation met en lumière une faiblesse structurelle : les décisions politiques semblent parfois déconnectées du savoir-faire technique que seuls les cadres du ministère maîtrisent.

 

Des pistes pour une meilleure efficacité

 

Plutôt que de s’en tenir à une approche précipitée, l’État gagnerait à revoir sa stratégie à travers :

 

● Une formation approfondie et certifiée, intégrant le droit de la consommation, l’éthique, la communication et les procédures administratives.

 

●La définition d’un cadre légal clair, précisant les prérogatives et limites des volontaires, sous la tutelle d’agents assermentés.

 

●La création d’équipes mixtes regroupant contrôleurs du commerce et volontaires pour des missions de sensibilisation et d’appui, non de répression.

 

● L’octroi de moyens matériels et logistiques adéquats, gage d’efficacité et de crédibilité sur le terrain.

 

● L’implication des organisations de consommateurs et des chambres de commerce dans le suivi et la supervision du dispositif.

 

Un appel à la rigueur et à la coordination

 

L’État, à travers le Premier ministre et le Ministre du Commerce, doit veiller à ce que la noble ambition de protéger le consommateur ne soit pas compromise par la précipitation ou l’improvisation.

La protection des consommateurs est un chantier national qui exige sérieux, cohérence et compétence. Sans cela, cette initiative risque de devenir un simple slogan administratif sans impact durable sur le terrain.

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