*Sénégal : Le journalisme sénégalais tenu en ôtage , le mercantilisme domine la passion et le professionnalisme * Sauvons le journalisme qui est dans un gouffre total

Presse : quand certains dirigeants d’associations défendent leurs intérêts au détriment de la corporation

 

Par Mamadou Camara, journaliste – Kaolack

 

Depuis des années, ce sont les mêmes visages qui dirigent les associations de presse. Non pas pour défendre l’intérêt général de la profession, mais bien souvent pour préserver leurs propres privilèges.

Beaucoup d’entre eux dépendent encore du Fonds d’aide à la presse ou de conventions opaques pour se maintenir à flot.

 

À un moment donné, ces confrères et consœurs ne considéraient même plus les autres journalistes. Ils les minimisaient, les méprisaient parfois. Pourtant, ils ne sont ni plus diplômés ni plus compétents que leurs pairs.

Ils bénéficiaient simplement de relations bien placées, et tous les moyens étaient bons pour se tirer d’affaire.

 

Aujourd’hui, les robinets sont fermés, les tuyaux sont bouchés.

Le chantage et les pressions qui fonctionnaient avec les précédents régimes ne marchent plus. Les autorités actuelles sont plus rigoureuses et connaissent trop bien vos méthodes et stratégies.

 

Et maintenant, vous cherchez à rallier la majorité des confrères à votre cause, en jouant la comédie du “combat pour la presse”.

Mais lorsque vous étiez à l’aise dans vos privilèges, avez-vous pensé aux autres journalistes, laissés sur le carreau ?

Ne forcez pas le bateau à couler : pourquoi tant d’associations de presse ?

 

Aujourd’hui, vous êtes en perte de vitesse et tentez d’embarquer tout le monde dans votre naufrage.

Fédération de quoi ?

Les journalistes que vous prétendez représenter sont vos égaux : vous n’êtes ni plus diplômés, ni plus professionnels qu’eux.

Un journaliste reste un citoyen comme un autre, au même titre qu’un marchand ambulant.

 

Dans nos rédactions, certains exercent leur métier avec rigueur et passion. D’autres préfèrent vivre dans le “Door”, c’est-à-dire dans le chantage, la dépendance et la compromission.

Refusons cela ! “Rakaaye, Ndoubélane, Dorkaate” ne doivent pas être les symboles du journalisme sénégalais. C’est une honte pour notre profession.

 

Vous avez créé des entreprises de presse ? Très bien. Alors assumez. Cherchez vos propres ressources, innovez, développez des stratégies économiques viables.

Ne basez pas votre survie sur la pression, le lobbying ou le chantage. Vous êtes mal tombés : la nouvelle génération n’est pas dupe.

 

Comment combattre quelqu’un et, dans le même temps, attendre de lui des fonds ?

Une entreprise digne de ce nom doit avoir la capacité d’innover, de se structurer, et de mettre en place un service marketing et commercial efficace, avec des professionnels compétents.

 

Depuis plus de vingt ans, vous dirigez des associations de presse : quels résultats concrets ?

Vous avez échoué, notamment dans la décentralisation de la presse vers les régions.

Se limiter à Dakar et prétendre représenter tous les journalistes du pays, c’est une erreur monumentale.

 

Les robinets sont fermés, et vous menez désormais un combat contre les institutions. Soit.

Mais sachez qu’au sein de la corporation, il existe encore des hommes et femmes dignes, honnêtes et passionnés.

Certains patrons roulent en véhicules de luxe, vivent dans l’aisance, pendant que d’autres exercent le métier avec dignité, humilité et passion.

 

Facilité, chantage, sabotage médiatique : voilà ce qui détruit notre crédibilité collective.

Le vrai combat, c’est celui de la crédibilité, de la compétence et de la transparence.

chevron_left
chevron_right

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Commentaire
Nom
E-mail
Site