Adji Ndao : la lionne du Saloum, symbole du courage et de la foi .
Arrêtée à Kaolack pour avoir porté le brassard du PASTEF, elle a tout perdu sauf sa dignité. Fille d’un syndicaliste respecté, cette Kaolackoise de la diaspora incarne le visage féminin du combat pour la liberté et la vérité.
Une lionne en terre natale
Adji Ndao, fille de feu El Hadji Omar Ndao, figure syndicale et politique du Saloum, appartient à cette lignée de femmes et d’hommes qui refusent la soumission.
Installée depuis plusieurs années en Europe, elle menait une vie stable — entre travail, famille et engagement citoyen dans la diaspora sénégalaise.
Mais en mars 2023, alors qu’elle était simplement venue passer ses vacances à Kaolack, sa ville natale, le destin a basculé.
Ce jour-là, elle portait un brassard du PASTEF lors d’une marche pacifique. Un geste banal, mais perçu comme un crime dans un contexte de répression politique.
Elle fut arrêtée, conduite au commissariat, puis transférée à Dakar.
Sans jugement immédiat, elle a connu la détention, la peur, la privation — et surtout, l’injustice.
Une femme qui n’a jamais reculé
Dans les cellules étroites et surchauffées où la dignité humaine vacille, Adji Ndao n’a jamais courbé l’échine.
Une codétenue témoigne :
> « Même dans le silence de la nuit, elle priait. Elle nous disait : “Ils peuvent nous enfermer, mais ils ne peuvent pas enfermer la vérité.” »
Pendant sa détention, son emploi en Europe a été suspendu.
Son mari, resté là-bas, s’est retrouvé seul à gérer le foyer et les enfants, tout en menant les démarches administratives pour sa libération.
Mais jamais, ni lui ni elle, n’ont regretté ce choix d’avoir défendu un idéal.
> « Elle disait souvent : Je préfère perdre mon travail plutôt que de perdre mon âme. » confie un proche.
L’héritage d’un père, la flamme d’un combat
L’histoire d’Adji Ndao ne s’écrit pas seulement dans la douleur.
Elle s’inscrit dans une filiation morale : celle de son père, El Hadji Omar Ndao, ancien syndicaliste et figure politique respectée de Kaolack.
Un homme connu pour son courage face à l’autorité et son attachement à la justice sociale.
C’est dans cette école du devoir et du courage qu’Adji a grandi.
Elle en a hérité la droiture, le franc-parler, et cette foi inébranlable dans la vérité.
> « Son père disait toujours : Le mensonge peut marcher vite, mais la vérité ne tombe jamais. Aujourd’hui, elle fait vivre cette parole. » — témoigne un ancien camarade syndicaliste.
Le prix du courage
Libérée après plusieurs semaines de détention, Adji Ndao est ressortie affaiblie mais plus forte.
Son nom, désormais, symbolise celui de toutes les femmes de la diaspora qui ont pris des risques pour défendre le projet démocratique du Sénégal.
Elle n’a jamais cherché les projecteurs.
Son seul objectif : voir triompher la vérité, la dignité et l’État de droit.
Une voix pour la reconnaissance
Depuis l’Europe, où elle tente de reconstruire sa vie, Adji Ndao continue de porter la voix des oubliés de Kaolack.
Elle appelle à la mémoire, à la reconnaissance, et au respect des sacrifices consentis.
> « Ce n’est pas pour nous que nous avons combattu, mais pour que plus jamais la peur ne gouverne ce pays. »
Aujourd’hui, ses proches espèrent que le duo présidentiel Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko saura honorer la promesse de ne jamais oublier ceux qui ont porté le combat jusque dans leur chair.
Kaolack se souvient
Dans les ruelles de Léona, là où son père faisait déjà vibrer les consciences, le nom d’Adji Ndao revient souvent dans les conversations.
Elle est devenue un symbole du courage féminin, une preuve vivante que la diaspora n’est pas qu’un soutien lointain, mais une force qui agit, qui s’engage, et qui paie le prix fort.
Kaolack, terre de dignité, n’oublie pas ses enfants.
Et dans cette mémoire collective, Adji Ndao restera la lionne du Saloum — celle qui n’a jamais reculé.
Mamadou Camara, journaliste Kaolack Camou Communication
