Me Moussa Sarr : l’Avocat qui plaide avec son cœur

Me Moussa Sarr

Dans un pays où certains avocats facturent jusqu’aux respirations de leurs clients, il existe un spécimen rare, presque mythologique : Me Moussa Sarr, l’homme qui a fait de la gratuité un acte de résistance, de la défense une tendresse, et de la justice un poème qu’il récite en pleine tempête. Pendant que l’ancien maître du régime, Macky Sall, se promenait avec ses décrets comme un boucher promène ses couteaux, lui, Moussa, se tenait là, dans les ruelles de l’absurde, à relever les patriotes écrasés par la machine répressive.

 

On l’a vu défendre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye alors qu’ils respiraient encore l’air vicié des geôles politiques. Il les défendait sans contrat, sans protocole, sans chèque juste avec ce cœur généreux, cette naïveté sublime que seuls les hommes intègres peuvent encore se permettre.

Dans les couloirs de justice transformés en couloirs de vengeance, il avançait seul, comme un funambule qui défie le vide et qui dit :

« Je continuerai. Même si personne ne paie. Même si personne ne remercie. Même si tout le monde se tait. »

 

Et aujourd’hui, alors que le ciel politique se fissure entre Sonko et Diomaye, ces deux frères de lutte devenus deux silhouettes qui se regardent à travers un brouillard de malentendus, Me Moussa Sarr sort une phrase qui sonne comme une prière d’acajou :

« Continuons à œuvrer inlassablement… pour la consolidation du duo. »

 

Évidemment qu’il l’a dit.

Comment l’homme qui les a vus enchaînés pourrait souhaiter les voir divisés ?

Lui qui les a accompagnés dans le noir, les verrait aujourd’hui s’affronter dans la lumière ?

Non. Mille fois non.

Me Moussa Sarr connaît leur histoire, leurs blessures, leurs victoires, leurs mots tus derrière les barreaux. Il a été témoin de leurs nuits sans sommeil, de leurs colères contenues, de leurs espoirs silencieux. Il a vu l’un tomber, l’autre se relever, puis tomber à son tour. Il était là, stoïque, à colmater leurs dignités pendant que le régime, tel un ours affamé, tournait autour pour les broyer.

 

Et quand vient aujourd’hui la discorde, la rumeur, la suspicion, l’avocat au cœur d’or répond avec la simplicité qui tue :

« Soudez-vous. Le Sénégal n’a pas besoin de deux comètes séparées, mais d’une constellation. »

 

Il faut le dire clairement : les patriotes doivent à cet homme un merci qui dépasse les mots.

Sans lui, certains n’auraient pas survécu au bulldozer judiciaire. Sans lui, certaines pages d’histoire auraient été raturées avant même d’être écrites. Sans lui, le destin politique du pays aurait perdu deux de ses plus grandes voix.

 

Mais Me Moussa Sarr n’est pas du genre à réclamer quoi que ce soit. Ce qui l’anime n’a pas de prix : une idée du Sénégal, une idée de la dignité, une idée de l’humain.

Il avance encore, avec son sourire calme, ses phrases mesurées, sa foi discrète.

Il n’est ni ministre, ni milliardaire, ni gourou médiatique. Et c’est précisément pour cela qu’il pèse plus lourd que beaucoup de statues vivantes.

 

Si un jour on devait faire son portrait officiel, il faudrait y graver en lettres brèves :

« Voici l’avocat qui a plaidé sans facture, combattu sans haine, et servi son pays sans tambour. »

Mais tant qu’il est là, vivant, debout, lucide,

le Sénégal peut encore croire que dans cette République souvent bruyante existent des hommes silencieux qui tiennent les murs à mains nues.

Malick Ba

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