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Mali : l’imam Mahmoud Dicko reprend la lumière et conduit une nouvelle coalition d’opposition clandestine
Une résistance civile structurée autour d’un leader religieux influent
Une nouvelle dynamique politique vient d’émerger au Mali. L’imam Mahmoud Dicko, ancien président du Haut Conseil islamique et figure majeure des contestations populaires de ces dernières années, est désormais à la tête d’une coalition inédite baptisée Coalition des Forces pour la République (CFR). Annoncée ce 5 décembre, cette plateforme réunit des acteurs politiques et sociaux maliens décidés à s’opposer, de manière non violente, à la junte militaire au pouvoir depuis plus de cinq ans.
Un front pro-démocratie qui choisit la clandestinité
La CFR se compose d’intellectuels, de responsables politiques dissous et d’acteurs de la société civile, dont plusieurs préfèrent rester anonymes pour des raisons de sécurité. Parmi les figures visibles du mouvement, l’universitaire Étienne Fakaba Sissoko, en exil après un séjour en prison, assure le rôle de porte-parole.
Selon lui, l’imam Dicko conserve une capacité exceptionnelle de mobilisation, malgré son exil en Algérie et son silence de ces dernières années. L’objectif n’est pas de conquérir le pouvoir, insiste-t-il, mais de réouvrir des espaces de dialogue, restaurer la confiance et favoriser un retour à l’ordre constitutionnel.
Une contestation qui veut réhabiliter les libertés fondamentales
Dans son texte fondateur, la CFR dénonce un État qui « abandonne ses soldats », « musèle les civils » et « s’enferme dans une gestion autoritaire de la crise ». Cette coalition entend ainsi :
défendre les libertés publiques (presse, justice, expression)
protéger les populations civiles
engager un dialogue national inclusif, sans écarter les groupes armés maliens
définir une transition vers un système institutionnel plus équilibré
Les rebelles du Front de libération de l’Azawad comme les groupes jihadistes maliens pourraient être invités à la table des discussions, mais sans remise en cause de l’unité nationale, que la CFR érige en ligne rouge absolue.
Pour ses fondateurs, l’impasse sécuritaire justifie un changement de cap
Pour Étienne Fakaba Sissoko, le pouvoir actuel ne peut plus se prévaloir d’unité nationale après cinq années marquées par les arrestations arbitraires, la dissolution des partis politiques, l’isolement diplomatique du Mali et une situation sécuritaire toujours instable.
Selon lui, la crise est devenue « un prétexte politique » qui alimente la longévité de la junte.
Le choix du dialogue face à une guerre interminable
La CFR assume sa ligne : les armes n’ont pas ramené la paix, et seule une négociation strictement malienne, fondée sur les principes républicains, pourrait stopper l’effusion de sang.
Réorganisation administrative, partage des responsabilités locales, concessions réciproques : le mouvement estime que le Mali ne pourra sortir du conflit que par une refonte profonde de son architecture institutionnelle.
Un appel à la mobilisation citoyenne
La coalition encourage les Maliens à adopter des formes de résistance discrètes mais déterminées :
défendre les droits fondamentaux, dénoncer les abus, refuser la peur.
Aux militaires, elle demande une « désobéissance éthique » ; aux magistrats, une « résistance judiciaire ».
Etienne Fakaba Sissoko se veut optimiste : « Le Mali peut se relever si chacun, partout dans le pays ou en exil, décide de s’engager pour la République ».
Par : Mamadou Camara
Journaliste – Camou Communication
Kaolack
