Burkina Faso : Le président Ibrahima Traoré réintroduit la peine de mort

Burkina Faso :

Le Conseil des ministres du Burkina Faso, présidé le 4 décembre 2025 par le capitaine Ibrahim Traoré, a adopté un projet de loi rétablissant la peine capitale. Cette mesure concerne notamment la haute trahison, le terrorisme et l’espionnage, et s’inscrit dans le cadre d’une réforme globale du Code pénal.

 

Selon le ministre de la Justice et des Droits humains, Edasso Rodrigue Bayala, cette décision vise à renforcer le système judiciaire et à répondre aux attentes profondes de la population. « Cette réforme s’inscrit dans une dynamique globale de modernisation de la justice, afin qu’elle reflète les aspirations du peuple burkinabè », a-t-il déclaré.

 

Un cadre juridique révisé

 

Parmi les autres changements introduits, les sanctions pour certaines infractions, comme la promotion des pratiques homosexuelles, sont désormais plus sévères. Les amendes pour l’ensemble des délits et crimes sont réévaluées, avec un minimum doublé, passant de 250 000 F CFA à 500 000 F CFA.

 

Les peines pour les infractions routières ont également été renforcées, en réponse au nombre élevé d’accidents de la circulation. Les détournements de fonds et actes de corruption peuvent désormais entraîner la réclusion à perpétuité lorsque les montants impliqués atteignent ou dépassent 5 milliards F CFA. Le projet consacre aussi le travail d’intérêt général comme peine principale pour certains délits.

 

Un tournant attendu

 

Ce rétablissement de la peine de mort était anticipé depuis au moins un an. Dès novembre 2024, plusieurs sources gouvernementales indiquaient que la junte planchait sur un projet de loi réintroduisant cette sanction, supprimée en 2018. Le ministre Bayala avait alors confirmé l’élaboration du texte, soulignant qu’il répondrait aux directives du chef de l’État.

 

Selon l’ONG Human Rights Watch, cette décision constitue un nouveau recul pour les droits humains au Burkina Faso. Dans le monde, environ 170 pays ont soit aboli la peine de mort, soit instauré un moratoire. Les dernières exécutions capitales dans le pays remontent à 1988.

 

chevron_left
chevron_right

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Commentaire
Nom
E-mail
Site