Feu idrissa Seydou Dia
Du micro de Radio Sénégal aux ondes internationales de la Voix de l’Amérique, le parcours d’un journaliste rigoureux, discret et profondément attaché à ses racines
Par Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication – Kaolack
La nouvelle est tombée hier depuis Washington : Idrissa Seydou Dia, figure emblématique des médias sénégalais des années 1970, n’est plus. Installé aux États-Unis depuis plusieurs décennies, l’ancien journaliste de Radio Sénégal puis de la Voix de l’Amérique (VOA) s’est éteint loin de sa terre natale, mais son corps sera rapatrié et inhumé à Saint-Louis dans les prochains jours.
Originaire de Lérabé, il laisse derrière lui l’image d’un professionnel rigoureux, d’une voix posée qui a marqué plusieurs générations d’auditeurs.
Un enfant de Lérabé devenu homme de radio
Né et grandi dans le village de Lérabé, Idrissa Seydou Dia a très tôt nourri une passion pour la parole juste, l’information bien traitée et le service public. Sa trajectoire le mène vers le journalisme à une époque où la radio était la première fenêtre ouverte sur le monde pour les Sénégalais.
À Radio Sénégal, il fait ses premières armes. Les années 1970 marquent son ascension : voix calme, diction impeccable, sens du timing, il s’impose rapidement comme un professionnel respecté, apprécié pour sa rigueur et son humilité.
Washington, la VOA et l’ouverture au monde
Son talent l’amène ensuite à Washington DC, où il rejoint la prestigieuse Voix de l’Amérique. Là-bas, Idrissa Seydou Dia devient l’une des voix majeures de l’information africaine.
Ses analyses, son sens de la mesure et sa capacité à expliquer l’actualité internationale avec clarté ont fait de lui un référent crédible pour les auditeurs du continent.
Dans les couloirs de la VOA, il laisse le souvenir d’un homme discret, méthodique, passionné par son métier et profondément attaché au Sénégal, malgré la distance.
Un style journalistique rigoureux et élégant
Le style d’Idrissa Seydou Dia reposait sur trois valeurs :
Sobriété : il allait toujours à l’essentiel, sans effets inutiles.
Exactitude : la vérification des faits était pour lui un principe sacré.
Humanisme : il parlait avec respect des personnes, des communautés et des réalités africaines.
Sa voix, toujours posée, donnait confiance ; sa plume, précise et pondérée, reflétait un journaliste qui considérait l’information comme un bien public à protéger.
Une vie d’exemplarité, une disparition qui attriste
Sa mort à Washington plonge dans la tristesse ses proches, la diaspora sénégalaise, ses anciens collègues et tous ceux qui ont grandi en l’écoutant.
Dans les prochains jours, Saint-Louis l’accueillera pour son dernier voyage, un retour symbolique vers la terre qu’il n’a jamais cessé d’aimer.
Idrissa Seydou Dia restera dans les mémoires comme un pionnier, un professionnel exemplaire, et une figure qui a honoré le journalisme sénégalais sur la scène internationale.
