Sénégal : quand l’opposition préfère chasser un homme plutôt que ses propres démons

Sénégal : quand l’opposition préfère chasser un homme plutôt que ses propres démons

 

Au Sénégal, l’opposition n’a jamais réellement combattu un régime ni affronté un système. Elle a choisi une voie plus simple, plus rentable aussi : s’acharner sur un homme. Toujours le même. Comme si la vie politique nationale se résumait à un ring mal éclairé où tous attendent, patiemment, que le même boxeur finisse par s’écrouler d’épuisement.

 

Ce questionnement, je l’ai aperçu dans un post de mon ami Iba. Et plutôt que de simplement acquiescer, j’ai ressenti le besoin presque viscéral d’en faire une analyse plus profonde. Cet homme — inutile de prolonger le suspense — c’est Ousmane Sonko. Le tribun. Le stratège. Le marathonien politique dont la foulée dérange ceux qui n’ont jamais su courir autrement que vers les privilèges.

 

Car la vérité est ailleurs : Sonko ne leur fait pas peur politiquement. Il leur vole le sommeil. Et chez certains, même leurs rêves les plus mal acquis.

 

Ousmane Sonko a commis, dans la République des « tokk muy dokh », un sacrilège impardonnable : il a brisé les passe-partout, verrouillé les portes des passe-droits et braqué un projecteur cru sur les couloirs obscurs où se faisaient les magouilles en chaussettes. De quoi rendre nerveux tout un écosystème habitué à prospérer sur l’opacité, comme d’autres sur les manguiers de Casamance.

 

Avec lui, la corruption n’a plus trouvé de tapis pour se dissimuler. L’enrichissement illicite a perdu son oreiller. Les champions du truanisme ont dû — horreur suprême — apprendre à marcher droit.

 

Le système aurait pu être combattu. Le régime aurait pu être interrogé. Mais pourquoi s’attaquer à des structures quand il est tellement plus confortable de cibler celui qui refuse d’en être un simple rouage ? Alors l’opposition s’oppose à Sonko comme on s’oppose à un miroir : avec colère, parce qu’il renvoie une image qu’on ne veut surtout pas voir.

 

Ce n’est pas un adversaire politique qu’ils affrontent, mais un rappel vivant de ce qu’ils n’ont jamais été : cohérents, droits, incorruptibles — ou simplement utiles.

 

Au fond, l’opposition sénégalaise ne combat pas Ousmane Sonko. Elle le redoute comme on redoute la lumière après avoir trop longtemps cligné des yeux dans l’ombre. Car s’il tombe, c’est tout un peuple qui voudra savoir ce que chacun cachait derrière ses faux discours et ses vraies complicités.

 

Alors ils s’acharnent à vouloir abattre un homme pour mieux sauver un système qui leur sert de colonne vertébrale.

Ironie majuscule : ce n’est pas Sonko qui est leur problème.

C’est leur peur panique que le pays découvre enfin qu’ils n’ont jamais été indispensables.

 

Malick BA

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