125 MILLIARDS FCFA FACE À LA JUSTICE
Tahirou Sarr et Farba Ngom plaident la traçabilité totale et rejettent toute rétro-commission
Au Pool judiciaire financier, le dossier des 125 milliards de FCFA est entré dans une phase décisive. Tahirou Sarr, homme d’affaires, et Farba Ngom, député-maire des Agnam, ont été longuement auditionnés au fond par le Collège des juges d’instruction. Face aux accusations de détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et trafic d’influence, les deux mis en cause opposent une défense ferme : tout est traçable, documenté et légal.
Selon leurs déclarations, les flux financiers incriminés ne relèvent d’aucune manœuvre illicite. Ils seraient issus de transactions immobilières régulières, effectuées par chèques et virements bancaires, donc parfaitement identifiables. Tahirou Sarr a insisté sur l’absence totale de rétro-commissions, soulignant que jamais des pratiques occultes ne peuvent passer par des circuits bancaires transparents.
L’homme d’affaires a également rappelé ses relations financières avec l’État, affirmant avoir mobilisé d’importantes ressources au profit du Trésor public au fil des années. Il rejette toute implication dans un système de détournement et s’interroge sur l’existence supposée de décaissements sans pièces justificatives, documents qu’il dit détenir et avoir versés au dossier.
De son côté, Farba Ngom a adopté une ligne de défense identique. Malgré un état de santé ayant nécessité des conditions particulières lors de son audition, l’élu a maintenu que les sommes reçues correspondent exclusivement à des opérations foncières formelles, sans lien avec un quelconque trafic d’influence ou enrichissement illicite.
Les avocats des deux hommes estiment que les auditions ont permis d’éclairer la justice sur la nature réelle des opérations financières. Ils soutiennent qu’aucun élément constitutif d’infraction n’a été établi à ce stade et annoncent la poursuite des démarches judiciaires, notamment en vue de demandes de mise en liberté provisoire.
Alors que la justice poursuit son travail d’instruction, cette affaire, devenue emblématique, continue de susciter un vif débat dans l’opinion publique, entre exigence de reddition des comptes et présomption d’innocence.
Par Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication
Kaolack
