
CAN 2025 : Habib Bèye
Le coach sénégalais de Rennes livre sa vision sur l’évolution de la compétition, les favoris et les défis pour les sélections africaines.
À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations au Maroc, Habib Bèye, entraîneur du Stade Rennais et ancien international sénégalais, partage son regard sur le tournoi et son évolution. Selon lui, la CAN est bien plus qu’un simple rendez-vous footballistique : c’est un moment de fierté, d’unité et d’exigence pour tout le continent africain.
Un tournoi en pleine mutation
Pour Habib Bèye, la CAN a considérablement gagné en attractivité et en niveau de jeu. Alors qu’autrefois quelques grandes nations dominaient, aujourd’hui de nouvelles équipes émergent et peuvent rivaliser sur la scène internationale, à l’image du Cap-Vert capable de se qualifier pour la Coupe du monde. La présence croissante de joueurs africains dans les grands clubs européens contribue à élever le niveau global et à offrir une vitrine mondiale à la compétition.
La préparation, clé de la performance
La réussite d’une sélection, insiste le coach, ne dépend pas seulement de la richesse de l’effectif. La condition physique, la cohésion du groupe et l’adaptation rapide aux contraintes du calendrier sont essentielles. Avec une préparation souvent réduite à quelques jours, les sélectionneurs doivent composer une alchimie rapide entre joueurs et gérer la fatigue liée aux saisons intenses en club. Les équipes hôtes, comme le Maroc, bénéficient d’un avantage stratégique non négligeable.
Favoris et surprises attendues
Selon Bèye, le Maroc, fort de son statut de pays organisateur et de performances impressionnantes lors des qualifications, figure parmi les grands favoris. La Côte d’Ivoire et le Nigeria restent également à surveiller, tandis que le Sénégal, grâce à sa combinaison d’expérience et de jeunesse, pourrait viser sa deuxième étoile. Il souligne toutefois que des surprises peuvent émerger, avec des nations comme la RDC ou d’autres équipes montantes.
La valeur ajoutée des entraîneurs binationaux
Bèye évoque la réussite récente des équipes africaines dirigées par des entraîneurs binationaux, mais précise que ce n’est pas une garantie absolue de succès. La compétence, la vision, l’humilité et la capacité à fédérer restent primordiales. Son expérience personnelle, avec ses racines françaises et sénégalaises, lui a offert une richesse culturelle et stratégique qu’il met aujourd’hui au service de son métier.
L’évolution de la Ligue 1 et du Stade Rennais
Le coach note que la Ligue 1 a changé, avec un retour à la valorisation des jeunes talents et à la formation, malgré la domination financière du PSG et l’attrait des autres grands championnats européens. Quant au Stade Rennais, l’équipe a su surmonter un début de saison compliqué grâce à la constance, la solidarité et la capacité d’adaptation, confirmant le sérieux du travail accompli par Bèye et son staff.
CAN et impact sur le championnat
Avec une cinquantaine de joueurs européens partis pour la CAN, Bèye anticipe et ajuste ses rotations, offrant une opportunité à ses jeunes issus de l’académie. Ces absences représentent un défi mais aussi une chance pour l’équipe et les jeunes joueurs de se mettre en valeur.
Une responsabilité inspirante pour les jeunes Africains
En tant qu’entraîneur africain évoluant dans un grand championnat européen, Habib Bèye se sent investi d’une mission : montrer la voie aux nouvelles générations et démontrer que la persévérance, l’ambition et le travail constant permettent d’atteindre l’excellence, indépendamment des obstacles.
Par Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication
Kaolack
