Soudan :FSR
Des analyses satellitaires révèlent que les paramilitaires auraient brûlé et enterré des corps pour effacer les preuves de tueries massives.
Depuis la chute d’El-Fasher, dernière enclave militaire dans le Darfour, les Forces de soutien rapide (FSR) sont soupçonnées d’avoir mené des massacres et tenté d’en effacer les traces. Selon des experts, les paramilitaires auraient enfoui et brûlé des corps pour dissimuler l’ampleur des exactions.
Les attaques des FSR dans le Darfour se sont intensifiées depuis la reprise de Khartoum par l’armée en mars. Au camp de déplacés de Zamzam, plus de 1 000 civils auraient été tués lors d’une offensive en avril. Avec la prise d’El-Fasher, les tueries auraient pris une ampleur encore plus importante, aggravant la crise humanitaire : les FSR contrôlent désormais un tiers du territoire soudanais.
Une première enquête avait déjà révélé le massacre d’au moins 460 personnes dans une maternité d’El-Fasher fin octobre. De nouvelles analyses d’images satellites montrent que des dizaines de milliers de corps auraient été retirés après la chute de la ville. Des points identifiés autour de la ville indiquent également que des civils tentant de fuir ont été exécutés. Certaines vidéos confirment que des hommes en civil ont été rassemblés puis tués par les paramilitaires.
Depuis l’occupation, la vie dans la ville semble quasiment paralysée. On estime que près de 260 000 personnes restent piégées à El-Fasher, tandis qu’au moins 106 000 ont été déplacées dans les zones avoisinantes.
Les experts insistent sur l’urgence d’un accès humanitaire à El-Fasher afin de venir en aide aux survivants et de recueillir les preuves des massacres. Le temps presse, tant pour protéger les vivants que pour documenter les crimes perpétrés.
