Centrafrique : le grand rendez-vous électoral du 28 décembre 2025
Analyse des candidats et des chances de chacun à l’aube du quadruple scrutin
Par Mamadou Camara, journaliste – Camou Communication, Kaolack
La République centrafricaine s’apprête à vivre un moment historique. Le 28 décembre 2025, les électeurs se rendront aux urnes pour un quadruple scrutin : présidentielle, législatives, régionales et municipales. Sept candidats briguent la présidence, dont le président sortant Faustin-Archange Touadéra, en quête d’un troisième mandat. Dans un contexte politique encore fragile et marqué par l’instabilité sécuritaire, chacun des prétendants tente de séduire les électeurs avec un programme et une stratégie distincts.
Faustin-Archange Touadéra : l’avantage du pouvoir
Le président sortant bénéficie d’un réseau administratif solide et d’une visibilité nationale renforcée par ses deux mandats précédents. Sa campagne s’appuie sur un bilan qu’il juge positif, avec des avancées dans les infrastructures et la gouvernance. Si le chef de l’État conserve un avantage sur ses concurrents, sa candidature pour un troisième mandat pourrait susciter des critiques sur la concentration du pouvoir, un point que ses opposants n’hésiteront pas à exploiter.
Anicet-Georges Dologuélé : le recours de l’opposition traditionnelle
Ancien Premier ministre et expert économique, Anicet-Georges Dologuélé représente l’opposition historique. Sa crédibilité repose sur son expérience et son bilan de campagne passée, où il avait mené Touadéra au second tour en 2015. Ses chances dépendent désormais de sa capacité à mobiliser les électeurs urbains et l’élite économique, tout en élargissant son influence dans les zones rurales souvent sous le contrôle de structures locales favorables au président sortant.
Aristide Briand Reboas : la voix de l’engagement moral
Le candidat du Parti chrétien démocrate mise sur un programme centré sur l’amélioration des conditions de vie, avec des promesses concrètes sur l’accès à l’eau, l’électricité et aux routes. Bien que peu expérimenté sur le plan électoral (0,41 % en 2020), il peut séduire une jeunesse en quête de nouvelles approches et d’un renouveau politique basé sur l’éthique et la transparence.
Eddy Symphorien Kparekouti et Henri-Marie Dondra : les technocrates pragmatiques
Eddy Symphorien Kparekouti, ingénieur en génie civil et membre de l’opposition constructive, attire les électeurs soucieux de mécanisation agricole et de lutte contre la vie chère.
Henri-Marie Dondra, ancien Premier ministre et candidat de l’Unité républicaine, insiste sur la réconciliation nationale et la mobilisation des forces vives pour combattre la pauvreté.
Leurs chances reposent sur la capacité à expliquer des programmes techniques à un électorat hétérogène, et à transformer leur expertise en crédibilité politique.
Marcelin Yalemende et Serge Ghislain Djorie : le pari de la proximité et de l’audace
Marcelin Yalemende, pasteur et entrepreneur indépendant, joue la carte de la proximité et du contact direct avec les électeurs, dans un style humble mais mobilisateur.
Serge Ghislain Djorie, ancien ministre, propose un programme ambitieux en 10 axes, allant de l’électrification à la couverture médicale universelle. Sa réussite dépendra de sa capacité à convaincre que ses projets ambitieux sont réalistes, malgré la concurrence de candidats mieux établis.
Conclusion
La course à la présidence centrafricaine se dessine comme un duel entre l’expérience et le renouvellement, avec Touadéra en position de force mais sous surveillance critique, Dologuélé comme recours de l’opposition historique, et plusieurs candidats émergents cherchant à imposer une nouvelle dynamique politique. Dans un pays encore marqué par l’instabilité, les électeurs auront la lourde tâche de choisir entre continuité, pragmatisme et innovation.
