Focus sur Sérigne Saliou Mbacké
Héritier spirituel de Cheikh Ahmadou Bamba et bâtisseur de Khelcom
Par Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication – Kaolack
Sérigne Saliou Mbacké occupe une place singulière dans l’histoire du mouridisme. Fils de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, fondateur de la confrérie mouride, il incarne avec sobriété et rigueur l’idéal du travail comme voie d’élévation spirituelle. Son parcours, son engagement et surtout son œuvre majeure à Khelcom traduisent une fidélité constante à l’enseignement de son père : servir Dieu par l’effort, la discipline et l’autonomie.
Origines et héritage spirituel
Né dans un contexte marqué par la résistance spirituelle de Cheikh Ahmadou Bamba face à l’ordre colonial, Sérigne Saliou Mbacké grandit dans un univers où la foi, le sacrifice et le travail structurent la vie quotidienne. Il s’imprègne très tôt des fondements du mouridisme : la soumission à Dieu (Khidma), la quête du savoir et la valorisation du labeur comme acte d’adoration.
Un parcours façonné par la rigueur
Discret et exigeant, Sérigne Saliou Mbacké conçoit l’autorité religieuse comme une responsabilité. Il rappelle sans cesse aux disciples que la dignité passe par le travail honnête et l’effort personnel. Pour lui, produire, apprendre et persévérer relèvent d’une même démarche spirituelle.
Khelcom, symbole du mouridisme productif
L’œuvre la plus emblématique de Sérigne Saliou Mbacké demeure Khelcom, vaste domaine agricole situé dans l’espace de Touba. D’une terre difficile, il fait un haut lieu du travail collectif et de l’autosuffisance. Des milliers de disciples y sont formés à la discipline, à l’organisation et à la persévérance, cultivant arachide, mil, maïs et autres spéculations. Khelcom devient ainsi une école de foi par l’effort, fidèle à la vision de Cheikh Ahmadou Bamba.
Vision spirituelle et sociale
Au-delà de l’agriculture, l’action de Sérigne Saliou Mbacké s’inscrit dans une lecture sociale de l’islam :
dignité par le travail ;
solidarité communautaire ;
rejet de l’assistanat ;
attachement strict aux enseignements du fondateur du mouridisme.
Cette approche renforce le mouridisme comme confrérie spirituelle mais aussi comme force d’organisation et de développement endogène.
Héritage et postérité
Aujourd’hui encore, Sérigne Saliou Mbacké reste associé à l’image du mouride travailleur, humble et discipliné. Son héritage, profondément ancré à Khelcom, dépasse le cadre religieux : il constitue une leçon durable de foi active, de responsabilité et de dignité humaine.
