Deux amis , un combat, une désillusion

De la fraternité carcérale à l’épreuve du pouvoir : quand l’espoir du peuple vacille

Par Mamadou Camara, journaliste-communicant

Ils s’appellent Ousseynou et Assane. Deux amis d’une même génération, formés dans une grande école de l’administration sénégalaise, ayant servi l’État dans un même service, avec la même foi, les mêmes idéaux et la même vision de la démocratie. Leur relation dépassait le cadre professionnel : elle était fraternelle, presque sacrée.

La confiance entre eux était telle que l’un donna à ses enfants les noms de son ami, homme de confiance, ainsi que celui de la mère de l’autre. Un geste rare, lourd de sens, qui scellait à jamais une amitié fondée sur l’honneur, la loyauté et le respect.

Puis vint l’épreuve. Pour avoir défendu un principe démocratique, ils furent emprisonnés. Ensemble. Ils ont partagé la même cellule, la même douleur, le même silence dans cette longue traversée de la citadelle du silence. Des mois durant, ils ont résisté, portés par la conviction que le combat pour la justice avait un prix, mais aussi un sens. Libérés le même jour, ils devinrent, aux yeux du peuple, les symboles vivants d’un engagement sincère et d’un destin commun.

Mais le pouvoir est une épreuve plus rude encore que la prison.

Une fois arrivés aux responsabilités, les choses ont changé. Les trajectoires se sont éloignées, les choix ont divergé, et les certitudes d’hier se sont heurtées aux réalités d’aujourd’hui.

Dès lors, une question douloureuse traverse les consciences : lequel des deux amis porte encore la confiance du peuple ?

Cette interrogation n’est pas une querelle de personnes. Elle est le cri d’un peuple désorienté, fatigué, parfois découragé. Car lorsque ceux en qui l’on croyait semblent s’éloigner des idéaux défendus dans l’épreuve, c’est l’espérance collective qui vacille.

Aujourd’hui, le peuple souffre. Beaucoup de concitoyens ont perdu le moral, non par manque de patriotisme, mais par manque de repères. Ils cherchent encore, dans les actes et les paroles, la fidélité aux principes pour lesquels Ousseynou et Assane avaient accepté la prison.

Cette histoire n’est pas seulement celle de deux amis. C’est un miroir tendu à notre démocratie. Un rappel puissant : le vrai courage ne s’arrête pas à la conquête du pouvoir ; il commence avec l’exercice fidèle de celui-ci.

Et le peuple, lui, n’attend qu’une chose : que ses sacrifices n’aient pas été vains.

Aidons les à sauver cette opportunité ultime pour le bonheur de la nation

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