CRI DE CŒUR
Appel aux autorités sanitaires et étatiques
Par Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication – Kaolack
À Kaolack, la situation des patients atteints de drépanocytose devient de plus en plus préoccupante. La région, pourtant l’une des plus peuplées du Sénégal et un carrefour sanitaire pour de nombreuses localités de la sous-région, ne dispose toujours pas d’un service spécialisé en hématologie. Une carence lourde de conséquences pour des centaines de malades en quête d’une prise en charge adaptée.
Face à cette réalité alarmante, l’Association des Drépanocytaires de Kaolack lance un cri de cœur et interpelle solennellement les autorités étatiques, les responsables sanitaires ainsi que le Ministère de la Santé et de l’Action sociale, afin que des médecins spécialistes — notamment un hématologue et davantage de dermatologues — soient affectés dans la zone centre, où convergent des patients venant de Kaolack, des régions voisines et même de la sous-région.
Aujourd’hui, les patients drépanocytaires sont contraints de se rendre à Dakar, Touba ou Thiès pour bénéficier de consultations spécialisées, d’examens approfondis et d’un suivi médical régulier. Ces déplacements répétés constituent un véritable parcours du combattant, en particulier pour les familles à faibles revenus. Parmi les personnes les plus touchées figurent de nombreux enfants et élèves, souvent absents de l’école à cause des crises douloureuses, des hospitalisations fréquentes ou du manque de moyens pour assurer les déplacements.
La drépanocytose est une maladie génétique chronique sévère, caractérisée par des crises douloureuses aiguës, une anémie profonde, des infections récurrentes et parfois des complications dermatologiques graves, notamment les ulcères de jambe. Sans suivi médical spécialisé et de proximité, ces complications s’aggravent et mettent en péril la vie des patients. Dans la zone centre, le déficit de spécialistes, l’insuffisance de médicaments adaptés et l’absence d’un cadre structuré de prise en charge accentuent la souffrance des malades et de leurs familles.
Plusieurs urgences s’imposent avec acuité :
Le déploiement d’un hématologue dans la zone centre, capable de prendre en charge les patients venant des régions et localités limitrophes ;
Le renforcement du nombre de dermatologues, indispensables pour traiter les complications cutanées liées à la drépanocytose ;
La mise en place ou le renforcement d’unités dédiées à la drépanocytose ;
La disponibilité régulière des médicaments essentiels ;
La formation du personnel de santé et l’instauration d’un programme de suivi accessible, notamment pour les enfants et les personnes démunies.
À travers cet appel, l’Association des Drépanocytaires de Kaolack invite l’État, le Ministère de la Santé, les autorités sanitaires régionales, mais aussi les partenaires techniques, les artistes engagés et l’ensemble de la société civile à agir sans délai.
La drépanocytose n’est pas une fatalité. Avec une prise en charge spécialisée de proximité et des moyens adaptés, des vies peuvent être sauvées et la dignité des patients préservée.
Kaolack attend des actes.
Les drépanocytaires aussi.
