Abdoulaye Diouf Sarr annonce la publication prochaine de son ouvrage : » Sans Bruit »
L’ancien ministre tire les leçons du passé et dévoile sa vision pour le Sénégal de demain
Kaolack, 28 décembre 2025 – Abdoulaye Diouf Sarr, ancien ministre sous la présidence de Macky Sall, était l’invité de l’émission « Objection » diffusée sur Sud FM ce dimanche. À l’occasion de la sortie de son ouvrage « Sans Bruit », il a livré une analyse sans concession sur la gestion du pouvoir et les raisons de la défaite de la coalition Benno Bokk Yakaar à la présidentielle.
Selon Diouf Sarr, l’échec électoral ne tient pas à un seul facteur. « Notre candidat n’a pas été soutenu de manière unanime par la coalition », affirme-t-il, pointant un manque de cohésion et de solidarité au sein de l’équipe. Il évoque également la mauvaise préparation et l’absence d’un dispositif solide comme éléments déterminants.
L’ancien ministre revient sur les tensions entre Macky Sall et Amadou Ba, sans trancher : « Comment un choix de raison a-t-il pu devenir une relation toxique ? C’est une question à poser aux deux principaux concernés », écrit-il dans son livre.
Sur la tragédie de l’hôpital de Tivaouane, qui avait coûté la vie à 11 nouveau-nés en mai 2022, Diouf Sarr assume sa responsabilité politique, tout en rejetant toute responsabilité directe : « J’ai joué le rôle de fusible pour apaiser l’opinion publique. Le président Macky Sall et moi avons convenu que ma démission était la solution la plus responsable. »
Concernant la gestion de la pandémie de Covid-19, il défend vigoureusement son bilan : « Le Sénégal a été classé deuxième mondial pour sa gestion technique de la pandémie par le Foreign Office. Les recommandations de la Cour des comptes portaient sur l’efficience et non sur des irrégularités financières concernant le Fonds Covid. »
Abdoulaye Diouf Sarr a quitté l’APR pour fonder « Renaissance Républicaine Debout », un parti qui mise sur de nouvelles valeurs et un projet tourné vers l’avenir. Son programme repose sur six priorités : le capital humain (éducation et santé), l’agriculture, l’industrialisation, la maîtrise de l’énergie (pétrole et gaz), la lutte contre la pauvreté et le numérique. « Notre vision repose sur un capital humain de qualité et un dispositif économique solide, combinant secteur primaire et industrie », explique-t-il.
L’ancien ministre n’épargne pas le gouvernement actuel : « Ça tarde à démarrer. On reste trop focalisé sur la dette cachée au lieu de lancer des réformes structurantes. » Il encourage les autorités à régler les questions économiques, notamment les relations avec les partenaires financiers comme le FMI, tout en saluant la baisse récente des prix des denrées de première nécessité et du carburant.
Sur le plan local, l’ancien maire de Yoff se dit prêt à reconquérir sa commune : « Si le parti décide que nous devons aller à Yoff, ce ne sera pas un problème. »
Enfin, Abdoulaye Diouf Sarr annonce un prochain ouvrage intitulé « Les symptômes de l’inexcellence », consacré au management et à la gouvernance des institutions publiques, prévu dans moins d’un an.
