Campagne de commercialisation de l’arachide : alerte sur l’absence d’opérateur à Ngayène Sabakh

Deux semaines après l’ouverture officielle, les producteurs de Ngayène Sabakh peinent à vendre leurs arachides

La campagne de commercialisation de l’arachide a officiellement démarré à la mi-décembre 2025 dans la commune de Ngayène Sabakh, département de Nioro du Rip, région de Kaolack. Pourtant, dans cette zone frontalière, la commercialisation des graines d’arachide rencontre de sérieuses difficultés.

Jusqu’à ce jour, la campagne tarde à véritablement démarrer, provoquant une vive inquiétude et une colère légitime chez les paysans. Yakhoba Gaye, fils de la localité, déplore : « Le magasin officiel reste fermé et le prix au producteur est fixé à 305 FCFA, mais aucun opérateur agréé n’est présent au point de collecte. »

Face à cette situation, de nombreux paysans, ayant des besoins familiaux urgents, se voient contraints de vendre leur production à des prix dérisoires, faute d’alternatives. Les commerçants, qui devraient les soutenir socialement, ne se sont pas manifestés. Selon les acteurs locaux, le nom « paiement des impôts » risque même d’impacter négativement le budget communal de Ngayène Sabakh si cette situation persiste.

« Notre opérateur agréé est introuvable, le magasin est fermé, sans matériel de criblage ni équipement. Pourtant, les services compétents avaient promis une campagne de commercialisation sans difficultés majeures », s’alarme un acteur du développement local. Il appelle donc au remplacement rapide de l’opérateur afin de permettre aux producteurs de vendre leurs arachides dans de bonnes conditions.

Le stockage des arachides chez les producteurs n’est pas recommandé en cette période en raison des risques d’incendie. Certains opérateurs privés se disent prêts à acheter les graines, mais hésitent à se déplacer, craignant d’éventuelles plaintes de l’opérateur officiel.

Aujourd’hui, les producteurs se retrouvent dans une situation préoccupante, obligés de vendre à des prix dérisoires pour faire face à des urgences familiales, tandis que la crainte d’une interpellation par la gendarmerie les empêche de sortir leurs produits.

Malgré ces difficultés, les autorités administratives locales – le sous-préfet, son adjoint et d’autres responsables – ont multiplié les efforts pour tenter de sauver la campagne de commercialisation. Ils sont salués pour leur engagement, même si le problème dépasse leurs prérogatives.

Les acteurs du développement appellent donc le Chef de l’État, le Premier Ministre et le Ministre de l’Agriculture à intervenir rapidement pour résoudre cette situation, particulièrement sensible dans cette localité frontalière. Deux semaines après l’ouverture officielle de la campagne, des difficultés similaires sont également constatées dans d’autres zones du Saloum et au-delà.

Par Mamadou Camara, journaliste – Camou Communication, Kaolack

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