Le processus de renouvellement engagé par Pastef marque un tournant majeur dans la vie du parti. Il constitue une opportunité historique pour corriger certaines injustices internes, apaiser des frustrations accumulées et redynamiser en profondeur la base militante.
À Kaolack, la massification du parti a longtemps été freinée par une gestion jugée fermée, où quelques responsables ont fini par confondre des responsabilités temporaires avec une forme de propriété politique. De nombreuses cellules existaient davantage sur le papier que dans l’action, peinant à impulser une réelle dynamique sur le terrain. Dans le même temps, de nombreux patriotes sincères, constants et engagés restaient en marge, faute de reconnaissance officielle, malgré leur présence continue lors des périodes les plus difficiles.
Il faut également reconnaître une réalité incontournable : aujourd’hui, Pastef repose davantage sur ses sympathisants que sur ses militants formellement encartés. Bien souvent, ces sympathisants ont porté le combat avec plus d’abnégation, de sacrifices et de proximité avec les populations que certains détenteurs de cartes. Cette situation impose une remise en question honnête et lucide des critères de légitimité interne.
Le renouvellement en cours peut ainsi permettre de rééquilibrer les rapports internes, d’ouvrir l’organisation à de nouvelles compétences, de valoriser les hommes et les femmes de terrain, et de mettre en place des bureaux communaux et départementaux plus représentatifs, plus dynamiques et surtout plus connectés aux réalités sociales, économiques et culturelles de Kaolack.
L’enjeu n’est donc pas de remplacer des personnes par d’autres, mais bien de changer de méthode : passer d’un fonctionnement fermé à une organisation inclusive, fondée sur le mérite, l’engagement réel et la capacité à mobiliser. C’est à ce prix que Pastef pourra restaurer la confiance interne et renforcer durablement sa crédibilité auprès des populations.
Si ce renouvellement est conduit avec justice, équité et lucidité, Pastef peut redevenir à Kaolack une force politique plus forte que l’APR à son époque de gloire. Tout dépendra toutefois du traitement réservé aux véritables hommes et femmes de terrain, ceux qui connaissent les quartiers, les familles, les difficultés quotidiennes et les aspirations profondes des Kaolackois.
Source : Baggio
Pastef Kaolack
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Article repris par Mamadou Camara, journaliste
Kaolack
