Difficultés de la campagne arachidière : Pape Baba Ndao , président national de l’UNOPEA , lance un cri de détresse

Manquements de la campagne arachidière : Pape Baba Ndao , le président national de l’UNOPEA , interpelle l’État face à la détresse du monde rural

Commercialisation bloquée, prix jugés dérisoires, manque de liquidités et colère paysanne : la filière arachidière au bord de l’implosion

La campagne arachidière en cours se déroule dans un climat de fortes tensions dans le bassin agricole. Producteurs, opérateurs et paysans dénoncent une situation qu’ils qualifient de critique, marquée par de nombreux dysfonctionnements qui fragilisent davantage le monde rural.

Pape Baba Ndao, président national de l’Union nationale des producteurs, opérateurs et exportateurs agricoles (UNOPEA) et, par ailleurs, président de la Société coopérative des opérations des producteurs agricoles (SCOPEA), tire la sonnette d’alarme. Il pointe de graves insuffisances dans la conduite de la campagne de commercialisation de l’arachide.

Selon lui, la filière est confrontée à des retards notables dans l’ouverture du marché, à l’insuffisance des points de collecte, à la faiblesse des prix proposés aux producteurs et à un manque criant de liquidités. À cela s’ajoutent d’importants problèmes de transport, de stockage et de financement, rendant l’écoulement de la production particulièrement difficile.

« La campagne se déroule dans une confusion totale, au détriment des producteurs et des paysans », déplore-t-il.

Le responsable paysan met également en lumière les difficultés structurelles du monde rural : cherté des intrants agricoles, endettement croissant des paysans, dégradation des infrastructures rurales et insuffisance de l’accompagnement technique. Une situation aggravée par les aléas climatiques et la baisse du pouvoir d’achat des ménages ruraux.

Dans ce contexte de crise profonde, Pape Baba Ndao estime que le ministre de l’Agriculture et celui du Commerce sont devenus indésirables dans le bassin agricole, leur reprochant une incapacité à apporter des réponses concrètes, urgentes et adaptées aux préoccupations des producteurs.

La colère gronde chez les paysans

Sur le terrain, la détresse des paysans est palpable. De nombreux producteurs expriment ouvertement leur souffrance et leur exaspération face à une situation qu’ils jugent alarmante.

« Nous souffrons énormément. La situation est alarmante », témoignent-ils.

Ils dénoncent notamment les restrictions imposées à la vente des graines d’arachide. Selon eux, l’interdiction de vendre librement leur production aggrave leur précarité, alors qu’ils font face à des besoins urgents : alimentation des familles, soins de santé et scolarisation des enfants.

« On nous empêche de vendre nos graines où nous voulons, alors que nous avons des charges familiales pressantes. Aujourd’hui, la situation est grave », martèlent-ils.

Les paysans appellent ainsi le ministre du Commerce et celui de l’Agriculture à se ressaisir et à assumer pleinement leurs responsabilités.

Face à une crise qui menace la stabilité sociale du monde rural, producteurs et paysans exhortent l’État à revoir en profondeur la gestion de la campagne arachidière. Ils plaident pour l’instauration d’un dialogue sincère et inclusif avec les organisations paysannes, ainsi que pour la prise de mesures urgentes et concrètes afin de soulager les populations

 

Difficultés de l’UNOPEA : une organisation fragilisée par la crise de la filière arachidière

L’Union nationale des producteurs, opérateurs et exportateurs agricoles (UNOPEA) traverse une période particulièrement délicate, à l’image de la crise qui secoue la filière arachidière. L’organisation fait face à de multiples contraintes qui limitent sa capacité d’action et d’accompagnement de ses membres.

Parmi les principales difficultés figurent le manque de financement, l’insuffisance de liquidités pour soutenir les producteurs durant la commercialisation et les retards dans l’accès aux mécanismes de soutien de l’État. À cela s’ajoutent les restrictions sur la vente des graines d’arachide, qui freinent les activités des opérateurs et affectent directement les revenus des producteurs affiliés.

L’UNOPEA déplore également l’absence de concertation avec les autorités compétentes, notamment les ministères du Commerce et de l’Agriculture, dans la prise de décisions stratégiques concernant la campagne arachidière. Cette marginalisation, selon ses responsables, affaiblit la gouvernance de la filière et accentue la méfiance entre l’administration et les acteurs de terrain.

Enfin, la hausse des coûts logistiques, les difficultés de transport, le manque d’infrastructures de stockage et la pression sociale croissante dans le monde rural pèsent lourdement sur l’organisation. Autant de facteurs qui compliquent la mission de l’UNOPEA, censée défendre les intérêts des producteurs et opérateurs agricoles dans un contexte de crise aiguë.

Par Mamadou Camara, journaliste

Camou Communication

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