Kaolack : Commercialisation de l’arachide : le Syndicat des cultivateurs et maraîchers alerte l’Etat sur les manquements dans le Saloum Ibou Thiam appelle à la libéralisation du marché et plus de justice sociale

Kaolack : Les paysans du bassin arachidier appellent à la libéralisation du marché et à la justice sociale

Crise de la filière arachidière : producteurs et syndicats dénoncent les pratiques opaques et appellent l’État à protéger le monde rural

Parallèlement au point de presse du Collectif des Producteurs et Exportateurs de Graines d’Arachide (COPEGA), Ibrahima Thiam, président du Syndicat des cultivateurs et maraîchers du bassin arachidier, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation alarmante des paysans et les difficultés auxquelles le monde rural est confronté.

Selon Ibou Thiam, « le ministre de l’Agriculture pense que seule la SONACOS est au cœur de la commercialisation de l’arachide. Aujourd’hui, les paysans, qui ont travaillé la terre en bravant la chaleur et les pluies intenses, ne peuvent pas goûter aux fruits de leurs récoltes. Si nous essayons de vendre nos produits, nous sommes traqués comme des voleurs. »

Le syndicaliste souligne que même avec un prix au producteur fixé à 305 francs CFA, des obstacles persistent : « On nous bloque au niveau des points de collecte et du criblage avec les “tarare”. Nous sommes prêts à vendre à 250 francs pour que tous les acteurs soient à l’aise. Mais protéger une huilerie au détriment des autres acteurs n’est pas normal. L’État doit revoir cette situation et changer immédiatement cette démarche. »

Ibou Thiam dénonce également les pratiques opaques de certains intermédiaires : « Les ‘banababas’ achètent nos graines à 225 francs et les revendent à 305 francs au niveau des usines. Il n’y a pas de transparence. Ces pratiques ne profitent pas aux producteurs et doivent cesser. »

Le président du syndicat interpelle le ministre de l’Agriculture, tout en lançant un appel au Chef de l’État, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et au Premier ministre Ousmane Sonko, pour sauver la campagne arachidière. Il plaide pour une libéralisation du marché, rappelant que la surproduction actuelle dépasse la capacité de la SONACOS seule, et exhorte le Chef de l’État à avoir pitié des paysans, dont la terre est la seule ressource pour nourrir leurs familles et subvenir à leurs besoins.

Au cours des échanges, des responsables syndicaux de la COPEOLE ont également exprimé leurs inquiétudes sur la situation interne de leur structure. Selon eux, l’administration gère le personnel par compréhension, faute de moyens financiers pour résorber correctement le personnel. En cas de difficultés, jeunes saisonniers et chefs de familles pourraient souffrir financièrement, et certaines huileries pourraient même être contraintes de placer une partie du personnel en chômage technique faute de graines.

Enfin, les acteurs du monde rural appellent le Chef de l’État à descendre dans le bassin agricole, après sa tournée économique en Casamance, afin de constater de visu les difficultés des paysans, et d’écouter les producteurs, opérateurs et autres acteurs de la filière arachidière.

Par Mamadou Camara, journaliste

Camou Communication – Kaolack

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