Le COPEGA invite ke Chef de l’Etat et le Premier ministre à plus de tolérance envers le monde rural

COPEGA invite le Chef de l’État et le Premier ministre à plus de tolérance envers le monde rural

Crise de la filière arachidière : suspension des taxes, ouverture du marché et dialogue inclusif au cœur des revendications

Réunis récemment à Kaolack, les membres du Collectif des Producteurs et Exportateurs de Graines d’Arachide (COPEGA) ont exprimé leur vive inquiétude face à la situation jugée alarmante du monde rural sénégalais. Lors d’un point de presse, le président du collectif, Abib Thiam, a lancé un appel solennel au Chef de l’État, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, au Premier ministre Ousmane Sonko, ainsi qu’au ministre en charge de l’Agriculture, les invitant à faire preuve de tolérance, d’écoute et de compréhension envers des producteurs fortement éprouvés par la conjoncture actuelle.

Au cœur des préoccupations figure la pression fiscale, notamment la taxe de 80 francs CFA par kilogramme, que le COPEGA juge insoutenable dans le contexte de la campagne en cours. Le collectif demande la suspension, voire la suppression de cette taxe, ainsi que la libération du marché au profit de tous les acteurs de la filière, afin de garantir une meilleure fluidité de la commercialisation de l’arachide.

Selon Abib Thiam, les estimations font état d’une surproduction dépassant 1,5 million de tonnes. Une quantité que les huileries nationales, notamment la SONACOS, ne seraient pas en mesure d’absorber à elles seules.

« L’État doit permettre à tous les acteurs — producteurs, exportateurs, opérateurs privés et transformateurs — de travailler librement, afin d’éviter les pertes, la mévente et la chute des prix », a-t-il insisté.

Le président du COPEGA est également revenu sur le spectre persistant des bons impayés, dénonçant la vente de l’arachide à des prix parfois inférieurs à 305 francs CFA le kilogramme. Une situation qui fragilise davantage les producteurs, déjà confrontés à la cherté des intrants agricoles et aux difficultés d’accès au financement.

De nombreux opérateurs font aujourd’hui face à un manque criant de liquidités, tandis que les agriculteurs, inquiets pour l’avenir, se voient contraints d’accepter des bons ou de brader leurs récoltes pour subvenir aux besoins quotidiens de leurs familles.

Abib Thiam estime par ailleurs que l’État ne dispose pas toujours d’informations fidèles à la réalité du terrain. Il invite ainsi le Chef de l’État à instruire les services compétents, y compris les renseignements généraux, à se rendre dans les zones rurales afin de mieux mesurer la détresse vécue par les paysans.

Le président du COPEGA a rappelé le rôle social majeur joué par les acteurs de la filière arachidière. Selon lui, près de 60 000 personnes, notamment des femmes et des chefs de famille, s’activent dans le décorticage de l’arachide à Touba, dans le Saloum et dans d’autres zones du pays. Il souligne également qu’en seulement quatre mois, les exportateurs injectent plus de 37 milliards de francs CFA dans le monde rural, contribuant ainsi à la survie économique de nombreuses familles.

En conclusion, Abib Thiam a rappelé que plusieurs rencontres ont déjà eu lieu avec le ministère de tutelle, tout en soulignant qu’il n’est pas trop tard pour corriger les manquements liés à la commercialisation. Il exhorte les autorités étatiques, dont beaucoup sont issues du monde rural, à faire preuve de souplesse plutôt que d’exigence, afin d’éviter une crise sociale majeure.

Pour le COPEGA, seule une action rapide, concertée et inclusive de l’État, reposant sur l’allègement de la fiscalité, l’ouverture du marché et un dialogue permanent avec les acteurs, permettra de sauver la campagne arachidière et de préserver la stabilité du monde rural sénégalais.

La rencontre s’est tenue en présence de Pape Dieng et Malick Sall, membres du COPEGA, ainsi que de plusieurs acteurs de l’Union nationale des opérateurs, dont Baba Ndao, président de l’Union nationale des opérateurs et producteurs exportateurs agricoles (UNOPEA) et responsable de coopérative. D’autres acteurs de la filière agricole étaient également présents, notamment Tamsir Willane, Denis et Birame Ndiaye.

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