Mamadi Doumbouya proclamé président après une victoire écrasante à la présidentielle
La Cour suprême guinéenne a confirmé la victoire du général Mamadi Doumbouya à l’élection présidentielle du 28 décembre. Le chef de la junte, arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2021, s’impose dès le premier tour avec 86,72 % des suffrages et entame un mandat de sept ans.
La Cour suprême de Guinée a validé, dimanche 4 janvier, les résultats définitifs de l’élection présidentielle organisée le 28 décembre 2025, confirmant la victoire du général Mamadi Doumbouya. Selon l’institution judiciaire, le chef de la junte a remporté le scrutin dès le premier tour avec 86,72 % des voix, un résultat sans surprise dans un contexte politique fortement verrouillé.
Arrivé au pouvoir en septembre 2021 à la suite du renversement du président Alpha Condé, Mamadi Doumbouya consolide ainsi son autorité à la tête de l’État guinéen. L’élection s’est déroulée sans la participation des principales figures de l’opposition, pour la plupart en exil ou écartées du processus électoral, dans un climat marqué par une restriction des libertés publiques.
Un discours d’unité et de souveraineté
Dans sa première allocution après la proclamation des résultats, Mamadi Doumbouya a appelé les Guinéens à l’unité nationale. Il a exhorté les citoyens du pays et de la diaspora à se rassembler pour construire une Guinée fondée sur la paix, la justice et une prospérité partagée, tout en affirmant sa volonté de renforcer la souveraineté politique et économique du pays.
Le nouveau président a également salué le déroulement du scrutin, estimant que la Guinée avait démontré sa capacité à choisir son destin dans le respect des institutions, s’appuyant notamment sur les conclusions des missions d’observation internationales. Il a insisté sur l’idée d’une victoire collective, affirmant qu’il n’y avait « ni vainqueur ni vaincu », mais une seule nation unie.
Réactions internationales
Le président français Emmanuel Macron a adressé ses félicitations à Mamadi Doumbouya lors d’un échange téléphonique dimanche soir. Selon l’Élysée, le chef de l’État français a salué cette élection comme une étape importante vers la fin de la transition politique en Guinée et a exprimé ses vœux de réussite au nouveau président.
Une élection sans véritable concurrence
Bien qu’il se soit engagé à restituer le pouvoir aux civils à l’issue de la transition, Mamadi Doumbouya a finalement été candidat à cette présidentielle. Il n’a mené qu’une campagne minimale, se limitant à un clip de campagne et à une brève apparition lors d’un meeting en fin de campagne. Huit autres candidats, peu connus du grand public, étaient en lice.
Le second du scrutin, Abdoulaye Yéro Baldé, leader du Front démocratique de Guinée (Frondeg), a obtenu 6,59 % des suffrages. Après avoir contesté les résultats provisoires, il s’est finalement désisté de son recours devant la Cour suprême.
Un mandat de sept ans
La Cour suprême a officiellement proclamé Mamadi Doumbouya président de la République de Guinée pour un mandat de sept ans, marquant ainsi la fin du processus électoral censé rétablir l’ordre constitutionnel, plus de quatre ans après la prise de pouvoir des militaires.
Âgé de 41 ans, le nouveau président a promis de garantir la paix et la stabilité aux quelque 13 millions de Guinéens, dans un pays encore profondément divisé après plusieurs années de transition politique.
