La remise du premier lot de véhicules de fonction destinés aux députés sénégalais a ravivé une vive polémique sur la gestion des finances publiques. Au total, 165 parlementaires doivent bénéficier de ces voitures, officiellement présentées comme un moyen de faciliter leurs déplacements dans les circonscriptions.
La controverse a éclaté avec la livraison récente de 76 véhicules au siège de l’Assemblée nationale. Des élus de l’opposition dénoncent un manque de transparence, s’interrogeant notamment sur le coût réel de l’opération, l’identité du fournisseur et les conditions d’attribution du marché. Selon eux, l’acquisition aurait été menée sans procédure d’appel d’offres clairement établie.
Cette affaire intervient dans un contexte économique particulièrement tendu, marqué par un endettement public élevé et une crise budgétaire sans précédent. Pour ses détracteurs, l’achat de véhicules jugés luxueux apparaît en décalage avec les priorités nationales.
À l’origine de cette mesure figure une décision prise en 2025 par la majorité parlementaire, consistant à supprimer l’indemnité mensuelle de déplacement des députés — auparavant fixée à 900 000 francs CFA — au profit de véhicules de fonction mis à disposition pour toute la durée du mandat. Les autorités présentent ce changement comme une réforme visant à rationaliser les dépenses publiques.
Toutefois, dès son annonce, la mesure avait suscité des réserves, y compris au sein de la majorité, en raison de l’absence de concertation et du choix des modèles retenus. Aujourd’hui encore, plusieurs parlementaires estiment que des options moins coûteuses auraient été plus adaptées à la situation économique du pays.
De son côté, le président de l’Assemblée nationale réfute toute irrégularité et assure que les règles en vigueur ont été respectées, sans toutefois fournir de précisions supplémentaires sur les modalités de l’opération.
Alors que la pression s’intensifie, cette polémique alimente le débat national sur la gouvernance, la transparence et l’exemplarité des institutions dans un contexte de fortes contraintes budgétaires.
