CAN 2025 : quand Michèle Kaku ressuscite Lumba dans le stade

AMOURA ET LA POLÉMIQUE : QUAND LE FOOTBALL RAVIVE UNE MÉMOIRE DOULOUREUSE

La qualification de l’Algérie pour les quarts de finale de la CAN, acquise face à la République démocratique du Congo au bout de la prolongation, a laissé un goût amer chez de nombreux observateurs congolais et africains. Bien au-delà du résultat sportif, un geste de l’attaquant algérien Mohamed Amine Amoura a provoqué une vive polémique.

Le but algérien, inscrit à seulement deux minutes de la fin de la prolongation, a eu l’effet d’un choc brutal pour les supporters congolais. Pour la première fois depuis le début de la compétition, Michel Nkoka Mboladinga, plus connu sous le surnom de “Lumumba”, figure emblématique des tribunes de la CAN, s’est effondré. Lui qui, jusque-là, était resté immobile, debout, bras levé durant chaque match, symbole de fidélité, de résistance et d’amour pour son pays, a craqué en larmes.

C’est dans ce contexte de douleur et d’émotion que Mohamed Amine Amoura a reproduit la posture de ce supporter congolais, un geste perçu par beaucoup comme une moquerie déplacée. Alors que les joueurs algériens célébraient leur qualification, l’image de ce supporter effondré contrastait fortement avec l’euphorie du camp adverse.

Pour une partie de l’opinion publique, cette scène a ravivé un souvenir historique lourd de sens. Patrice Lumumba, héros de l’indépendance congolaise et ancien Premier ministre, fut exécuté le 17 janvier 1961. Le surnom porté par Michel Nkoka Mboladinga n’est pas anodin : il incarne une mémoire collective, une dignité et une souffrance toujours présentes dans l’imaginaire congolais.

De nombreux supporters et analystes ont dénoncé un manque flagrant de fair-play, estimant que ce geste allait à l’encontre des valeurs fondamentales du sport. Dans une compétition continentale comme la CAN, censée unir les peuples africains, les joueurs professionnels sont attendus comme des modèles de respect, de retenue et de responsabilité.

Les spécialistes rappellent que la victoire ne justifie pas tout. Se réjouir d’un succès est légitime, mais tourner en dérision la douleur d’un supporter respecté par l’ensemble de la compétition est perçu comme une faute morale et éthique. Ce type d’attitude, loin d’honorer le football africain, risque au contraire d’alimenter les tensions et de ternir l’image des équipes concernées.

En RDC, beaucoup ont exprimé leur solidarité envers Michel Nkoka Mboladinga et, à travers lui, envers tout un peuple meurtri par l’élimination et par une scène jugée profondément blessante.

Plus qu’un simple match, cet épisode rappelle que le football reste un espace chargé d’émotions, de symboles et d’histoire, où le respect devrait toujours primer, même dans la victoire.

 

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