À Guédiawaye, la justice a voulu frapper fort face à ce que le parquet décrit comme une « dégradation inquiétante des mœurs ». Jugé en flagrant délit, un réseau de production et de diffusion de vidéos pornographiques, récemment démantelé par la Brigade de Recherches (BR) de Keur Massar, a conduit à plusieurs condamnations.
L’enquête a débuté à la suite d’un renseignement précis signalant l’existence d’un groupe organisé diffusant des contenus pornographiques en ligne. Le 1er janvier 2026, la BR de Keur Massar a mis fin aux activités de ce réseau, actif à Dakar et dans sa banlieue, avec des connexions en Europe. L’opération a permis la saisie de 152 vidéos à caractère pornographique et l’interpellation de cinq personnes, dont le principal réalisateur présumé.
Déférés devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye, les prévenus ont été identifiés comme :
M. S , alias Papito, présenté comme l’un des cerveaux du réseau,
I. D ,alias Flex, chargé de la captation et du montage,
Trois femmes, recrutées principalement dans le milieu de la prostitution.
L’enquête a révélé des liens directs avec des administrateurs de sites pornographiques basés en Europe, qui finançaient les tournages, tandis que les vidéos étaient diffusées contre rémunération via WhatsApp.
Pour démanteler le réseau, les gendarmes ont utilisé une infiltration audacieuse : une agente sous couverture a intégré pendant plusieurs semaines les groupes Telegram utilisés pour le recrutement. L’arrestation du principal suspect, lors d’un faux rendez-vous de tournage, a permis de remonter toute la chaîne et de confirmer les rôles de chacun.
Lors de l’audience, les deux hommes ont reconnu leur implication tout en minimisant leur responsabilité, tandis que les femmes ont évoqué la précarité et l’ignorance quant à la diffusion des images. Le tribunal a prononcé deux ans de prison ferme pour les deux principaux accusés, des peines plus légères pour les autres, et des relaxes partielles.
