Le Sénégal fait face à une montée préoccupante du phénomène appelé « simol », un mode opératoire d’agressions et de vols collectifs observé principalement en marge des combats de lutte traditionnelle. Ces actes, perpétrés par des bandes organisées, surviennent le plus souvent à la sortie des arènes ou lors de grands rassemblements sportifs, plongeant les populations dans un climat d’insécurité croissant.
Le simol se caractérise par des attaques rapides menées en groupe, ciblant des spectateurs, des passants ou des vendeurs ambulants. Téléphones, argent et effets personnels sont arrachés, parfois au prix de violences physiques. Les auteurs profitent généralement de la foule et de la confusion pour disparaître, rendant leur identification difficile.
Face à l’ampleur du phénomène, les autorités sénégalaises ont décidé de réagir avec fermeté. Le ministère de l’Intérieur a annoncé une politique de tolérance zéro, affirmant que ces actes criminels ne seront plus tolérés, quels que soient leurs auteurs ou leurs liens avec le milieu de la lutte. Des instructions claires ont été données aux forces de sécurité afin de renforcer la surveillance autour des arènes et des axes stratégiques lors des combats.
Parallèlement, les acteurs du monde de la lutte — promoteurs, lutteurs, encadreurs et responsables de fan-clubs — sont appelés à s’impliquer davantage dans la prévention. L’objectif est de préserver l’image de ce sport traditionnel, pilier culturel et identitaire du Sénégal, aujourd’hui menacée par ces dérives violentes.
Des opérations sécuritaires ciblées ont déjà permis plusieurs interpellations. Les enquêtes se poursuivent afin de démanteler les réseaux impliqués et de traduire les responsables devant la justice. Les autorités entendent ainsi envoyer un signal fort pour dissuader toute récidive.
Au-delà de la réponse sécuritaire, le phénomène du simol met en lumière des défis sociaux plus profonds, notamment le désœuvrement d’une partie de la jeunesse urbaine. Toutefois, pour l’État, aucune justification sociale ne saurait excuser des actes qui portent atteinte à la sécurité publique.
La lutte contre le simol s’inscrit désormais comme une priorité nationale, avec un double objectif : garantir la sécurité des citoyens et restaurer la sérénité autour des événements sportifs, afin que la lutte sénégalaise demeure une fête populaire et non un facteur de peur.
