Économie-Dette Publique : Ousmane Sonko campe sur son refus de restructuration

Le refus catégorique du Premier ministre Ousmane Sonko d’envisager une restructuration de la dette sénégalaise continue de susciter interrogations et inquiétudes. Une position qui, par le passé, avait déjà eu des répercussions notables sur la perception des marchés financiers, notamment à travers la chute des eurobonds du pays.

Hier encore, face à la presse, en marge de la visite de son homologue mauritanien, le chef du gouvernement a réaffirmé l’option retenue par l’Exécutif : pas de restructuration de la dette. Une décision qu’il présente désormais comme collective, engageant l’ensemble du gouvernement, et non comme une posture personnelle.

Cette position tranche cependant avec les discours antérieurs de l’actuel Premier ministre. Longtemps, Ousmane Sonko a décrit l’état des finances publiques comme alarmant, allant jusqu’à évoquer une dette « cachée » et un endettement jugé « inimaginable », imputé au régime précédent. À l’époque, ces déclarations avaient contribué à fragiliser la confiance des partenaires financiers et à compliquer les discussions avec les bailleurs internationaux, notamment le Fonds monétaire international (FMI).

Aujourd’hui, le ton se veut plus rassurant. Le Premier ministre affirme que la dette, estimée à environ 132 % du PIB selon les données du FMI, demeure « viable ». Il estime que les projections de croissance et de recettes sont « raisonnables » et souligne que l’État est parvenu à refinancer sa dette, essentiellement sur le marché financier régional, sans apport extérieur significatif.

Reste que les marchés demeurent sensibles à ce type de déclarations. L’an dernier, les eurobonds sénégalais avaient enregistré une chute importante, en grande partie attribuée aux prises de position jugées alarmistes du chef du gouvernement. Si les titres arrivant à échéance en 2028 ont récemment connu un léger redressement, la prudence reste de mise.

Par ailleurs, le désaccord persistant avec le FMI sur la question de la restructuration de la dette avait déjà conduit à une suspension des négociations et à une nouvelle dégradation des obligations sénégalaises, notamment après un meeting politique tenu en novembre dernier.

Ousmane Sonko se veut néanmoins confiant. Il affirme que le Plan de redressement économique et social (PRES) qu’il a initié pourrait générer près de 1 000 milliards de francs CFA de recettes supplémentaires, contribuant ainsi à une reprise progressive de l’économie.

Si le gouvernement se félicite de ces perspectives, de nombreux observateurs attendent encore des signaux concrets attestant de cette amélioration. Les prochains mois permettront de mesurer si cette ligne dure sur la dette renforcera la crédibilité économique du pays ou si elle exposera, une fois de plus, le Sénégal à des turbulences financières.

 

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