Au lendemain de la tournée du Premier ministre Ousmane Sonko dans le bassin arachidier, les producteurs demeurent dans l’expectative. Les annonces faites par les autorités ont ravivé l’espoir, mais leur application effective tarde encore, notamment la mesure visant à accroître la capacité d’achat de la Sonacos, portée de 250 000 à 450 000 tonnes.
Selon les responsables agricoles du bassin, les paysans attendent toujours la mise en œuvre concrète de cette décision. Une huilerie privée basée à Kaolack a toutefois commencé à réceptionner ses premiers camions de graines, tandis que les autres unités sont attendues pour absorber une partie importante de la production.
Sur le terrain, la situation reste contrastée. Si certains producteurs ont déjà cédé une partie de leurs récoltes, beaucoup conservent encore leurs stocks. Cette situation est liée, selon eux, à des achats anticipés effectués par certains opérateurs qui ont stocké les graines dans des magasins, perturbant ainsi le circuit normal de commercialisation. Sans l’intervention annoncée de l’État, estiment-ils, ce déséquilibre aurait perduré. Pour l’heure, les financements ne sont pas encore disponibles, alimentant l’inquiétude.
Par ailleurs, une grande proportion des producteurs ayant livré leurs graines se retrouve avec des bons de paiement toujours impayés. D’autres préfèrent garder leurs récoltes, espérant trouver des acheteurs respectant le prix plancher. Même dans certaines zones autrefois marquées par la spéculation, le prix du kilogramme d’arachide s’est aujourd’hui stabilisé autour de 250 francs CFA.
Les producteurs pointent également le démarrage tardif de plusieurs points de collecte, une situation qui aurait favorisé le recours à des circuits parallèles au détriment du dispositif officiel mis en place pour la campagne.
En définitive, malgré les engagements pris au plus haut niveau, les acteurs du monde rural attendent désormais des actions rapides et concrètes afin de sécuriser la campagne arachidière et préserver les revenus des paysans.
