CAN- Coupe du Monde : repenser les règles pour le football plus compétitif Pour une réforme audacieuse des qualifications mondiales en Afrique

La récente annonce du président de la CAF concernant le passage de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) à une périodicité de quatre ans continue de susciter de vifs débats au sein du monde sportif africain. Pour certains observateurs, cette décision apparaît comme un alignement excessif sur les standards européens et mondiaux, au détriment des réalités propres au football africain. D’autres y voient une évolution nécessaire pour s’adapter aux exigences du football moderne, notamment sous la pression croissante des clubs européens.

Sans entrer dans une opposition stérile entre ces deux positions, il semble aujourd’hui plus urgent d’ouvrir une réflexion de fond sur les mécanismes qui freinent encore la compétitivité du football africain à l’échelle mondiale. La question centrale n’est donc pas seulement celle de la périodicité de la CAN, mais surtout celle de l’efficacité de nos systèmes de qualification et de représentation en Coupe du Monde.

À ce propos, une intervention remarquée du journaliste sportif Anthony Pla, sur la chaîne MSI, a mis en lumière une incohérence majeure dans le fonctionnement actuel des éliminatoires africaines. Comment expliquer qu’une sélection aussi performante, équilibrée et séduisante dans le jeu que le Nigeria puisse se retrouver absente d’une Coupe du Monde, alors qu’elle figure parmi les meilleures équipes du continent au moment du tournoi mondial ?

Cette situation interroge directement les instances dirigeantes du football africain. Sur les neuf places désormais attribuées à l’Afrique pour la Coupe du Monde, pourquoi ne pas envisager une réforme innovante consistant à réserver automatiquement deux places aux finalistes de la CAN, ou à défaut quatre places aux demi-finalistes, lorsque la CAN se déroule à moins de six mois du Mondial ?

Une telle mesure aurait plusieurs vertus. D’abord, elle renforcerait considérablement l’enjeu sportif de la CAN, qui deviendrait non seulement un tournoi continental prestigieux, mais également une voie directe vers la Coupe du Monde. Ensuite, elle garantirait la présence au Mondial des meilleures équipes africaines du moment, celles qui ont démontré leur supériorité sur le terrain lors de la compétition phare du continent.

Par ailleurs, cette réforme n’affaiblirait en rien l’intérêt des éliminatoires classiques. Au contraire, la réduction du nombre d’équipes engagées dans les phases de qualification permettrait de constituer des groupes plus resserrés et plus compétitifs, renforçant ainsi la qualité globale des rencontres.

Il serait en effet difficilement compréhensible, voire injustifiable, de voir une équipe sacrée championne d’Afrique ou finaliste de la CAN manquer une Coupe du Monde organisée la même année. Prenons l’exemple hypothétique d’un Nigeria vainqueur de la CAN : comment justifier son absence au Mondial, alors même qu’il incarne le meilleur niveau de jeu africain à cet instant précis ?

Certains objecteront que ces équipes pourraient déjà être qualifiées par les éliminatoires. Dans ce cas, le principe resterait simple : la place serait réattribuée au finaliste ou au demi-finaliste suivant. L’objectif demeure inchangé : assurer la représentation des meilleures sélections africaines au rendez-vous mondial.

Au-delà de cette proposition, plusieurs autres règles et mécanismes mériteraient d’être revisités afin de mieux respecter les principes d’équité, d’égalité et de mérite sportif. Le football africain ne pourra retrouver toute sa crédibilité et son influence sur la scène mondiale qu’à travers des choix courageux, novateurs et pensés à l’échelle du continent, et non uniquement à travers le prisme des intérêts nationaux.

Un débat franc, structuré et continental s’impose. Il en va de l’avenir et de la compétitivité du football africain.

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