Affaire Ousmane Sonko-Mame Mbaye Niang : la Cour suprême saisie pour la révision

Le procureur général recommande la réouverture du dossier après la découverte d’un rapport ignoré lors du procès initial, ouvrant la voie à un possible réexamen des accusations de diffamation.

 

La Cour suprême du Sénégal pourrait prochainement se pencher à nouveau sur l’affaire opposant Ousmane Sonko à l’ancien ministre du Tourisme, Mame Mbaye Niang, après la transmission d’une requête en révision par le procureur général. Cette démarche intervient à la suite d’une saisine du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, datant du 15 décembre 2025.

L’affaire remonte à un point de presse du 22 novembre 2022, au cours duquel Ousmane Sonko avait affirmé que Mame Mbaye Niang avait été mis en cause par un rapport de contrôle pour des irrégularités dans le cadre du Programme des domaines agricoles (Prodac). Selon Sonko, certaines procédures administratives n’avaient pas été respectées, notamment l’émission d’un ordre de service avant la notification du contrat.

Contestant ces accusations, M. Niang avait saisi le Procureur de la République, affirmant qu’aucun rapport de l’Inspection générale de l’État ou d’un autre organisme n’avait relevé de manquements de sa part. Il soulignait que la gestion financière du projet relevait du ministère des Finances, rendant impossible toute ingérence de sa part.

Après plusieurs étapes judiciaires, M. Sonko avait été initialement condamné pour diffamation et injures publiques, avec une peine de prison avec sursis et une amende de 200 millions de francs. La Cour d’appel de Dakar avait confirmé la condamnation, mais la Cour suprême avait annulé certains aspects de l’arrêt pour irrégularité de procédure en janvier 2024. L’arrêt de la Cour d’appel était devenu définitif en juillet 2025.

La nouveauté qui justifie la révision du dossier est la découverte, en décembre 2025, du rapport n°02‑18 de l’Inspection générale des Finances, resté inconnu des tribunaux lors des débats. La commission mise en place par la ministre de la Justice a conclu que ce document pourrait faire naître un doute sur la culpabilité de M. Sonko, notamment sur le volet des injures publiques, en confirmant l’existence du rapport contesté.

Le procureur général demande désormais à la Cour suprême d’accepter la requête en révision, d’annuler les décisions précédentes et de renvoyer Ousmane Sonko devant une autre cour d’appel pour un nouveau jugement. La Cour suprême décidera prochainement si le dossier mérite un réexamen.

 

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