CAN 2025 Finale Maroc-Sénégal : un stade plein de supporters marocains , des grandins déséquilibrés, dirigeants de la CAF, soyez courageux

À la veille du choc continental, des milliers de supporters sénégalais risquent d’être privés de tribunes, dans un contexte qui interroge l’équité et l’esprit de la fête africaine.

La finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 devait être un sommet de communion. Elle pourrait malheureusement devenir le symbole d’un profond malaise. À Rabat, des milliers de supporters sénégalais ayant fait le déplacement risquent de ne pas entrer au stade, faute de billets disponibles. Une situation d’autant plus frustrante que, bien avant le coup d’envoi de la compétition, l’essentiel des places aurait été réservé via la plateforme de vente par des supporters du pays hôte.

Résultat : ce dimanche, dans une enceinte de près de 69 000 places, les couleurs marocaines devraient largement dominer les gradins. Les Lions de la Téranga pourraient ainsi évoluer dans une ambiance déséquilibrée, privés du soutien massif de leurs fans. Plus grave encore, certains Sénégalais partis au Maroc pourraient être contraints de suivre la finale depuis des écrans géants, loin du stade, après avoir consenti de lourds sacrifices pour vivre la fête du football africain.

Le football, ce n’est pas seulement 90 minutes sur une pelouse. C’est l’avant, le pendant et l’après. C’est le fair-play, la Téranga, le respect de l’autre. Depuis le début de cette CAN, des voix s’élèvent pour dénoncer des attitudes jugées provocatrices, sur le terrain comme dans les tribunes, donnant le sentiment d’un avantage systématique accordé au pays organisateur. Or, une Coupe d’Afrique doit rassembler, pas diviser. Elle doit consolider les liens entre nations sœurs, pas nourrir rancunes et frustrations.

Oui, chaque pays hôte bénéficie d’un contexte favorable. Mais favoriser ne doit jamais signifier exclure. Si, à chaque organisation, les supporters étrangers souffrent, s’ils sont relégués au second plan, alors la compétition perd son âme. À quoi bon inviter l’Afrique entière si la fête ne peut être partagée équitablement ?

La situation actuelle mérite un traitement diplomatique et responsable. Le Royaume chérifien, l’État du Sénégal, le ministère des Sports, l’Ambassade du Sénégal au Maroc et la CAF ont un devoir : agir pour éviter le pire. La discrimination, réelle ou perçue, est lourde de conséquences. La CAN ne s’arrête pas au Maroc. D’autres échéances viendront, d’autres pays accueilleront demain. Le précédent que l’on crée aujourd’hui engage l’avenir.

Les supporters ont un rôle essentiel : ils galvanisent, portent, donnent du courage. Les priver, c’est altérer le spectacle. Si rien n’est fait, la CAF et le pays organisateur auront manqué leur objectif fondamental. Le football doit rassembler, jamais opposer.

Il est encore temps d’agir pour que la finale Sénégal–Maroc reste une célébration africaine, digne et équitable. Faute de quoi, la déception sera immense et la honte partagée.

Par Mamadou Camara, journaliste

Camou Communication – Kaolack

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