Finale de la CAN Sénégal-Maroc : les supporters sénégalais vivent un calvaire avant la fête du football africain La CAF est interpellée

Quand la fête du football vire à l’épreuve pour les supporters africains

À Rabat, les Lions jouent la finale pendant que leurs supporters vivent un calvaire inédit

À moins de 48 heures de la grande finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, censée être l’apothéose du football africain, toutes les attentions sont rivées vers Rabat. La capitale marocaine accueille l’ultime acte d’une compétition prestigieuse, symbole d’unité, de passion et de fraternité continentale.

Mais derrière l’image de fête, une autre réalité, beaucoup plus sombre, s’impose : celle du calvaire vécu par des milliers de supporters sénégalais ayant effectué le déplacement pour soutenir les Lions de la Teranga.

Depuis plusieurs jours, les témoignages se multiplient. Les billets d’entrée sont quasiment introuvables, et lorsqu’ils apparaissent sur le marché parallèle, leurs prix atteignent des sommets excessifs et injustifiables. Une situation qui dépasse le simple désagrément logistique pour prendre des allures de discrimination organisée.

Si chaque pays organisateur devait transformer une compétition continentale en un instrument pour étouffer les supporters adverses et favoriser coûte que coûte son équipe nationale, alors autant ne plus jouer et remettre directement le trophée au pays hôte. Le football africain ne peut survivre à une telle dérive.

Les autorités marocaines doivent comprendre que la CAN ne s’arrête pas en 2025. D’autres échéances attendent le continent, dans d’autres pays africains, dans quatre ans et au-delà. Ce qui se passe aujourd’hui crée un précédent dangereux.

Pourquoi martyriser, décourager et humilier les supporters adverses lors d’une fête censée rassembler ? Pourquoi transformer les tribunes en champs de tension, alors que le football devrait être un langage universel de paix et de partage ?

La CAF doit prendre ses responsabilités, d’autant plus que des responsables marocains occupent des postes influents au sein de l’instance. Le silence serait interprété comme une complicité. La Fédération sénégalaise de football, elle aussi, se doit d’élever la voix pour défendre ses supporters, victimes collatérales d’une organisation décriée par plusieurs nations.

Aujourd’hui, tous les pays ayant affronté le Maroc lors de cette CAN ont dénoncé, à des degrés divers, des conditions difficiles, parfois intenables. Si cette logique de discrimination persiste, les prochaines éditions risquent de devenir incontrôlables, avec des tensions diplomatiques et sportives lourdes de conséquences.

Les nations africaines doivent faire bloc pour dénoncer cette situation honteuse qui n’honore ni le pays organisateur, ni le football africain. Des ambassadeurs du football suspendus, des équipes lésées, des supporters empêchés d’accéder aux stades : trop, c’est trop.

Les fédérations africaines, la CAF et même la FIFA doivent intervenir pour mettre fin à ces pratiques assimilables à de véritables dérives. Le football doit unifier, jamais diviser.

Empêcher sciemment les supporters sénégalais d’entrer au stade est un acte vil, indigne de l’esprit sportif. Tant que cette situation n’est pas réglée, certains estiment même que les joueurs devraient refuser de jouer, pour l’histoire, pour la postérité, pour l’honneur du football africain.

La CAN doit rester une célébration. Sinon, elle perdra son âme.

Par Mamadou Camara

Journaliste

Camou Communication

Kaolack

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