Les électeurs ne sont plus dupes
C’est une réalité que certains acteurs politiques font semblant d’ignorer. À chaque campagne électorale, le scénario est le même : tournée nationale, poignées de main, promesses à tout-va, discours enjôleurs adressés à des citoyens pourtant intelligents, à des femmes leaders conscientes des enjeux, à une jeunesse lucide qui comprend vite… et qui sait voter.
Puis viennent les élections. Une fois élus ou nommés, beaucoup tournent le dos aux populations, trahissent les attentes, oublient les engagements pris. Le peuple disparaît de leur agenda. Les quartiers, les maisons, les militants deviennent soudain invisibles.
Mais qu’ils ne s’y trompent pas : 2027 et 2029 arrivent. Ils reviendront frapper aux mêmes portes, dans les mêmes quartiers, devant les mêmes citoyens qu’ils ont ignorés ou jetés après leur élection. Penser que les électeurs sont naïfs est une grave erreur. Les citoyens ont déjà voté dans leur esprit ; ils n’attendent plus que le moment du scrutin.
Hier encore, personne ne vous connaissait. Aujourd’hui, vous êtes élus grâce à un homme charismatique ou portés par un projet de société fort. Une fois installés, vous oubliez tout : les proches, les compagnons de lutte, les sacrifices consentis. Vous rompez avec vos bases, tissez de nouvelles relations, vous entourez d’opportunistes.
Autour de vous gravitent désormais des marchands de fausses informations, des faux fidèles, des individus chargés d’apporter une enveloppe à une famille endeuillée ou à un baptême, mais qui détournent l’argent. Certains volent ouvertement. D’autres trompent le leader. Certains passent la nuit chez vous et, le lendemain, vont chez votre adversaire pour salir votre image.
On ne peut pas tout dire.
Mais tout se sait.
Des militants hier farouchement fidèles à l’APR paradent aujourd’hui pour de nouvelles coalitions, oubliant tout ce que les responsables locaux ont fait pour eux. D’autres leaders aujourd’hui promus n’étaient rien sans un mentor qui leur a donné une existence politique. Sitôt nommés, ils oublient leur jeunesse, se cachent et ne reviennent que le week-end, presque honteux.
Ils sont rares, très rares, ceux qui restent humbles et constants.
Des militants hier omniprésents deviennent aujourd’hui défenseurs d’autres camps. Des responsables locaux, à peine installés, affichent déjà arrogance et embonpoint, signes d’un pouvoir mal digéré.
Si vous pensez que les électeurs sont des aliénés, détrompez-vous. Même trahis, ils attendent patiemment. Car le jour du scrutin, ils sont seuls dans l’isoloir. Et cela, beaucoup de candidats et d’ambitieux l’ignorent.
À Kaolack, on voit fleurir des déclarations de candidature de personnes totalement inconnues des populations. C’est, à la limite, un manque de respect. D’autres, originaires de la ville mais vivant en Europe, attendent la veille de la campagne pour débarquer. Si vous pensez être plus intelligents ou plus ambitieux que les Kaolackois restés sur place, allez vendre des cacahuètes.
La politique a changé.
L’achat de conscience, le copinage, les complots, la trahison et l’arrogance ne font plus recette. Les électeurs savent voter. Les vacarmes, les folklores et les démonstrations creuses sont dépassés.
Les citoyens sanctionnent désormais l’injustice, la tromperie et la trahison. Ils veulent la vérité, la transparence et le respect.
Alors, avant de poser des actes ignobles, souvenez-vous : vous aurez encore besoin des électeurs. Les mépriser après l’élection pour revenir ensuite les supplier, c’est prendre les citoyens pour des gamins.
Dans certaines coalitions, des hauts responsables sont entourés d’individus sans légitimité politique, incapables de mobiliser quatre personnes. Hier avec vos adversaires, qu’ils ont trahis pour de l’argent, aujourd’hui vos plus grands défenseurs. Ni dignité, ni constance.
Acteurs politiques, réfléchissez.
Le peuple observe.
Le peuple n’oublie pas.
Et le peuple tranche, seul, dans l’isoloir.
Mamadou Camara
Journaliste / Communicant
Kaolack

Ibrahima Dieme
Mais vous parlez d’un projet de société porté par un homme charismatique, non mon cher journaliste, requalifier ce projet de projet fantôme porté par un vendeur d’illusions. C’est pourquoi toutes les personnes proposées dans certains postes ou plusieurs mêmes ne peuvent pas réussir.
CHEIKH Abba DIEME
Un bon article très riche en matière. Machallah