Un différend foncier oppose actuellement la commune de Nioro-du-Rip à celle de Darou Salam, suite à des opérations de lotissement jugées irrégulières par les autorités municipales de Nioro.
Selon les informations recueillies, la commune de Darou Salam aurait dépassé de plus de trois kilomètres la limite de son dernier village pour procéder à des lotissements portant sur plus de 600 hectares, dans la partie Est du territoire communal de Nioro-du-Rip.
Ces opérations concerneraient notamment l’extension dite de Darou Anane Nord, appuyée par l’arrêté n°048205B du 30 décembre 2021 du ministre de l’Urbanisme et de l’Hygiène publique. Toutefois, cette extension est qualifiée d’« imaginaire » par la municipalité de Nioro-du-Rip, dans la mesure où elle ne figure pas dans le décret de création officielle de la commune concernée.
Face à cette situation, la mairie de Nioro-du-Rip a saisi directement le chef du cadastre de Kaolack. Ce dernier aurait indiqué détenir, à travers la base de données de l’ANAT, les limites administratives des communes, tout en affirmant ne pas être en mesure de les communiquer à la municipalité requérante. Une posture jugée incompréhensible et peu transparente par les autorités locales de Nioro-du-Rip.
Dans un souci de prévention des conflits, afin d’éviter des contestations, des pertes économiques importantes et d’éventuels affrontements entre populations, les autorités locales de Nioro-du-Rip appellent à l’arrêt immédiat des agressions foncières menées par certaines communes voisines, notamment dans les quartiers périphériques et autour des infrastructures stratégiques du territoire communal.
D’après nos sources, la commune de Nioro-du-Rip a déjà saisi les autorités compétentes par voie administrative, dans l’objectif d’un arbitrage impartial et équitable sur ces litiges fonciers.
Le maire de la ville, Momath Bâ, a par ailleurs martelé que toutes les dispositions nécessaires seront prises pour faire cesser les aménagements, lotissements et constructions déjà engagés, aussi bien par Dabaly que par Darou Salam, jusqu’à clarification définitive de la situation.
De leur côté, les populations affectées réclament l’application du principe traditionnel de « jub, jubal, jubanti foncier », afin de réparer les injustices subies et de garantir l’équité dans la gestion du foncier.
Par Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication – Kaolack
