Manifestation nationale du G7 à Thies : dialogue social sous tension , le G7 retire toute légitimité au président du HCDS

Les syndicats accusent Mamadou Lamine Dianté de dérive autoritaire et d’alignement sur l’exécutif, en pleine crise dans l’Éducation et la Santé

La fracture s’élargit entre le Groupe des sept syndicats (G7) et le Haut Conseil du Dialogue social (HCDS). Dans une sortie ferme rendue publique ce mercredi, les principales centrales syndicales ont remis en cause la crédibilité et la légitimité de l’actuel président du HCDS, Mamadou Lamine Dianté, à la suite de déclarations jugées attentatoires au droit de grève.

En cause, des propos attribués au président du HCDS selon lesquels tout mouvement de grève déclenché au mois de janvier serait illégal. Une affirmation que le G7 qualifie d’« infondée juridiquement » et interprète comme une tentative de discréditer les luttes en cours, notamment dans les secteurs sensibles de l’éducation et de la santé.

Pour les syndicats, Mamadou Lamine Dianté sort clairement du cadre de ses missions. « Le HCDS n’est ni une juridiction ni une autorité administrative habilitée à juger de la légalité d’une grève », martèlent-ils, rappelant que son rôle se limite à la médiation et à la facilitation du dialogue entre partenaires sociaux.

Cette prise de position a ravivé une crise de confiance déjà profonde. Le G7 reproche au président du HCDS une posture partisane et une proximité assumée avec le pouvoir exécutif, incompatible, selon lui, avec les exigences de neutralité liées à sa fonction. Conséquence directe : les syndicats affirment avoir rompu toute collaboration institutionnelle avec l’intéressé dans le cadre de leurs échanges officiels.

La déclaration syndicale revient également sur le parcours de Mamadou Lamine Dianté, évoquant des précédents jugés préjudiciables au dialogue social, notamment son implication dans les dissensions ayant conduit à l’éclatement du Grand Cadre en 2015. Un passif que le G7 présente comme révélateur d’un mode de gouvernance conflictuel et peu rassembleur.

Dans un contexte marqué par le non-respect répété des engagements de l’État envers les travailleurs, les syndicats estiment que le HCDS se trompe de cible. « Au lieu d’interpeller le gouvernement sur ses manquements, il s’attaque aux travailleurs », dénoncent-ils, y voyant une inversion dangereuse des responsabilités.

En conclusion, le G7 a salué la mobilisation des enseignants engagés dans la lutte pour l’apurement du passif social et appelé l’ensemble des travailleurs à rester vigilants. Pour les syndicats, les récentes sorties du président du HCDS s’apparentent davantage à des manœuvres de diversion qu’à une contribution sincère à l’apaisement du climat social.

Mamadou Camara

Journaliste

Kaolack

 

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