Réforme majeure dans la Fonction publique : les agents non fonctionnaires voient leur statut transformé
Un décret du 28 janvier 2026 qui modernise les carrières et valorise le capital humain
Le 28 janvier 2026, le gouvernement sénégalais a marqué un tournant historique dans la modernisation de l’administration publique. Sous la signature du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, un décret majeur réforme profondément le statut des agents non fonctionnaires de l’État, offrant reconnaissance, perspectives de carrière et conditions d’évolution plus équitables pour plusieurs milliers de travailleurs.
Le décret n° 2026‑66 remplace une disposition vieille de plus de cinquante ans et jugée dépassée, le décret n° 74‑347 du 12 avril 1974. Cette réforme s’inscrit dans le cadre du plan national « Sénégal 2050 : Agenda de transformation », plaçant la valorisation des compétences et la performance du service public au cœur de l’action gouvernementale.
Parmi les avancées majeures, le texte distingue désormais trois catégories d’agents non fonctionnaires : ceux recrutés par référence à un corps de fonctionnaires, ceux engagés à un emploi particulier, et les personnels de secrétariat, tels que secrétaires dactylographes et sténodactylographes. Cette classification vise à harmoniser la gestion des carrières et à corriger une reconnaissance insuffisante qui pénalisait certains profils.
Le décret clarifie également les conditions de recrutement : les candidats peuvent justifier soit des diplômes requis pour intégrer un corps de fonctionnaires, soit de qualifications professionnelles reconnues en équivalence, ou encore d’un diplôme spécifique lié à l’emploi occupé.
Une mesure particulièrement saluée concerne la reconnaissance partielle de l’ancienneté : jusqu’à 40 % de l’ancienneté acquise avant reclassement pourra être prise en compte pour les futurs avancements, offrant ainsi des perspectives salariales et professionnelles plus justes.
Pour superviser ces évolutions, le décret institue une commission d’avancement rassemblant des représentants de la Présidence, de l’administration centrale, des ministères clés et des syndicats. Cette instance sera chargée d’examiner toutes les propositions d’avancement de grade ou de classe des agents non fonctionnaires.
Saluée par plusieurs syndicats et acteurs de la Fonction publique, cette réforme marque un pas significatif vers la reconnaissance des parcours professionnels complexes et mal encadrés. Elle devrait concerner des milliers d’agents à travers le pays, tout en renforçant l’efficacité et l’attractivité de l’administration publique sénégalaise.
Mamadou Camara Journaliste
Kaolack
