Quand les blocages administratifs menacent la démocratie sénégalaise
Entre pièces manquantes, parrainage et propagande, l’heure est à la réflexion pour éviter que le citoyen ne paie le prix fort
Les élections de 2024 ont été marquées par un ballet incessant autour du dépôt des listes de candidature. Les allers-retours pour obtenir les pièces administratives nécessaires ont souvent créé des moments de tension entre responsables compétents et mandataires. Le parrainage, sujet sensible, et les campagnes médiatiques, parfois manipulatrices, ont exacerbé la situation. Ces obstacles ont failli plomber le processus démocratique sénégalais.
Pour les prochaines échéances électorales, il est impératif que tous les acteurs – autorités, services compétents, partis politiques et médias – fassent une introspection. Il s’agit de tirer les leçons du passé afin que de tels blocages ne se reproduisent plus. Les citoyens, désormais vigilants, observent et jugent chaque manœuvre.
Une autre question cruciale se pose : l’expiration des cartes nationales d’identité de nombreux électeurs prévue en 2027. Comment garantir que ces citoyens ne soient pas privés de leur droit de vote le jour crucial du scrutin ? La réponse doit être anticipée et transparente.
Les électeurs ne veulent plus de détails administratifs ou de complications qui risqueraient de ternir la démocratie sénégalaise. La balle est désormais dans le camp des autorités, des services civils, des médias et des acteurs politiques. Le contexte politique récent – avec un nouveau régime issu de l’opposition d’hier – doit servir de guide pour un processus électoral plus fluide, plus juste et respectueux du citoyen.
La démocratie sénégalaise mérite mieux que des obstacles artificiels : elle mérite la vigilance, l’anticipation et l’engagement de tous.
Par Mamadou Camara, journaliste – Kaolack
