Licences, souveraineté numérique et protection des données au cœur des inquiétudes
L’annonce de l’arrivée de Starlink au Sénégal a suscité un fort engouement au sein de l’opinion publique, notamment en raison des promesses de débits élevés et de coûts jugés plus accessibles. Toutefois, cette implantation ne fait pas l’unanimité. Le Syndicat des travailleurs de Sonatel (SYTS) a publiquement exprimé de sérieuses réserves, pointant un manque total de transparence dans le processus ayant conduit à l’autorisation de l’opérateur satellitaire.
Dans une prise de position diffusée sur les réseaux sociaux, le syndicat s’interroge sur les conditions exactes d’attribution de la licence accordée à Starlink. « S’agit-il d’une licence ou d’une simple autorisation ? Quel en est le coût réel ? Qui a validé la procédure ? », s’interroge la structure syndicale, estimant que ces informations auraient dû être portées à la connaissance du public et des institutions compétentes.
Au-delà des aspects réglementaires et financiers, le SYTS met en avant les enjeux de souveraineté numérique, notamment la question sensible de la gestion et de la sécurisation des données personnelles des Sénégalais. Selon le syndicat, confier une partie stratégique des télécommunications nationales à une entreprise étrangère pose un débat de fond sur le contrôle des infrastructures critiques et la protection des informations sensibles.
Face aux accusations de défense d’intérêts corporatistes, le syndicat se défend. Il affirme ne pas s’opposer au principe de la concurrence, rappelant que le secteur des télécommunications sénégalais est déjà ouvert à plusieurs opérateurs. « Notre combat n’est pas dirigé contre la concurrence, mais pour la préservation de la souveraineté numérique du Sénégal », précise le SYTS, soulignant qu’il a, par le passé, adopté des positions critiques aussi bien envers Sonatel que l’État, notamment lors des coupures d’Internet.
Cette sortie du syndicat intervient dans un contexte de forte pression populaire sur les opérateurs traditionnels, accusés de pratiquer des tarifs élevés pour des services jugés insuffisants. L’arrivée de Starlink relance ainsi un débat national mêlant coût de l’Internet, équité économique, transparence institutionnelle et indépendance numérique.
Alors que les autorités n’ont pas encore communiqué en détail sur les termes exacts de l’accord avec Starlink, de nombreuses voix appellent à une clarification officielle, estimant que les décisions touchant aux télécommunications engagent durablement l’avenir économique, technologique et sécuritaire du pays.
Mamadou Camara, journaliste
Camou communication
Kaolack
