Les pieces d’état civil, un fléau qui taraude les esprits Le Chef de l'État , son Premier ministre sont alertés

La question des pièces d’état civil est devenue une véritable source d’angoisse pour de nombreux citoyens. Ils sont aujourd’hui des centaines, voire des milliers, à se retrouver piégés dans un labyrinthe administratif incompréhensible et profondément injuste.

Le paradoxe est frappant. Des citoyens régulièrement inscrits sur les registres de l’état civil, munis d’extraits de naissance authentiques, ont pu obtenir leurs cartes nationales d’identité sans difficulté. Avec ces mêmes documents, ils ont été admis dans les écoles, ont composé aux examens officiels et décroché des diplômes primaires, secondaires, le baccalauréat, et même des diplômes universitaires. Toutes ces pièces portent pourtant les mêmes filiations, noms et prénoms, issus du registre d’origine.

Mais au moment de renouveler leurs extraits de naissance, le cauchemar commence. À l’état civil, à la consultation des registres ou des archives, le nom du demandeur ne figure plus nulle part. Aucune trace sur les supports informatiques. L’individu semble avoir tout simplement disparu administrativement.

S’ensuivent alors des va-et-vient interminables entre les bureaux de l’état civil et les tribunaux. Des procédures lourdes, des dépôts de dossiers qui s’étirent sur des semaines, parfois des mois, pendant que les citoyens voient leurs projets bloqués : concours, emplois, voyages, inscriptions académiques.

Cette situation a déjà causé un préjudice énorme à de nombreux Sénégalais qui, pourtant, n’ont commis aucune faute. Ce sont eux qui paient aujourd’hui les pots cassés d’un système défaillant, marqué par l’absence de traçabilité, la mauvaise conservation des archives et une numérisation incomplète ou mal maîtrisée.

Face à l’ampleur de ce fléau, les autorités sont interpellées. L’État, le ministère en charge de l’état civil, ainsi que les autorités locales doivent conjuguer leurs efforts pour apporter des solutions durables. Il y va de la sécurité juridique des citoyens, de leur dignité et de leur confiance envers l’administration publique.

L’état civil n’est pas un simple document administratif. Il est le socle de l’existence légale du citoyen. Le traiter avec légèreté, c’est fragiliser toute la société.

Mamadou Camara

Journaliste

Kaolack

 

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