Starlink au Sénégal : innovation technologique ou défi économique , les syndicalistes du SYTS demandent plus de transparence

L’annonce officielle de l’arrivée de Starlink au Sénégal suscite autant d’espoirs que d’interrogations. Selon certaines sources, la Sonatel disposait déjà de solutions satellitaires similaires, notamment via Orange Sat, mais la communication autour de ces offres est restée très discrète, voire inexistante. Résultat : Starlink demeure encore peu connu du grand public sénégalais.

Aujourd’hui, le service de connexion satellitaire de SpaceX est opérationnel dans plusieurs pays africains. Il convient toutefois de préciser que, dans les centres urbains, le coût de Starlink reste particulièrement élevé. L’acquisition du kit (antenne/parabole et décodeur) avoisinerait les 100 000 francs CFA, tandis que l’abonnement mensuel ne descendrait pas en dessous de 35 000 francs CFA. Des tarifs largement hors de portée pour une grande partie de la population.

Selon une source proche du dossier, ces contraintes financières expliqueraient les hésitations initiales de la Sonatel. Toutefois, avec l’implication d’Orange, il est désormais permis de penser que l’opérateur historique pourrait lancer, à son tour, une offre basée sur la technologie Starlink.

Un intérêt réel pour les zones rurales

Le principal avantage de Starlink réside dans sa capacité à desservir les zones rurales, villages enclavés et localités reculées, où l’internet est quasi inexistant. Ce sont ces territoires oubliés du numérique qui pourraient en tirer le plus grand bénéfice.

Mais là encore, la question du coût demeure centrale. Dans les villages, débourser 100 000 francs CFA pour l’équipement, puis assurer un abonnement mensuel d’au moins 35 000 francs, reste extrêmement difficile pour un paysan ou un « goorgorlu ». Sans mécanisme de subvention ou d’accompagnement de l’État ou des opérateurs, l’accès restera limité.

Peu d’intérêt en milieu urbain

En milieu urbain, où la fibre et la 4G/5G sont déjà disponibles à des tarifs plus accessibles, Starlink peine à convaincre. Le citadin n’aura que peu d’intérêt à se tourner vers une solution plus coûteuse, sauf si elle offre une valeur ajoutée, comme un service combinant internet haut débit et chaînes de télévision, ou une meilleure stabilité du réseau.

À cela s’ajoute une autre contrainte : Starlink nécessite une alimentation électrique permanente. Le décodeur doit rester allumé en continu et consomme entre 60 et 70 watts par heure, ce qui pose un réel problème dans les zones où l’électricité est instable ou inexistante.

Un besoin de transparence

Si l’État du Sénégal annonce l’arrivée de Starlink, il devient impératif de clarifier les termes des accords conclus :

S’agit-il d’une licence accordée à titre commercial ?

Existe-t-il des avantages fiscaux ou des subventions pour les zones reculées ?

Quelle est la part réelle de l’État du Sénégal dans ce partenariat ?

Une communication claire et transparente est indispensable pour permettre aux populations de comprendre les enjeux et les implications de cette nouvelle technologie.

Enfin, une question demeure essentielle : l’implantation de Starlink, une fois pleinement fonctionnelle, n’aura-t-elle pas un impact sur les retombées financières de la Sonatel, pilier historique du secteur des télécommunications au Sénégal ?

Autant de zones d’ombre qui méritent débat, transparence et pédagogie, afin que l’innovation technologique rime réellement avec inclusion numérique.

Mamadou Camara, journaliste Camou communication. Kaolack

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