Les récentes affaires révélées à l’opinion publique, mêlant des accusations d’actes contraires aux lois, d’atteintes graves à la dignité humaine et de soupçons de transmission volontaire du VIH, ont profondément choqué les citoyens. Lorsqu’il est question de mineurs, de personnes vulnérables et de réseaux opérant sous couvert d’associations légalement constituées, l’émotion légitime ne saurait toutefois se substituer à la rigueur de l’État de droit.
Ces révélations interpellent directement les pouvoirs publics. Les citoyens attendent des autorités étatiques et judiciaires qu’elles aillent jusqu’au bout des procédures engagées, dans le strict respect des lois, afin de faire toute la lumière sur ces pratiques présumées et, le cas échéant, sanctionner sévèrement les responsables. La protection des mineurs, la lutte contre la criminalité organisée et la prévention des maladies transmissibles doivent demeurer des priorités absolues.
La 15ᵉ législature, présentée comme celle de la rupture et des réformes, ne peut rester en retrait face à une situation jugée grave par une large frange de la population. Les députés sont appelés à se saisir du sujet, à travers le débat parlementaire, le contrôle de l’action gouvernementale et, si nécessaire, l’adaptation du cadre légal. Le silence prolongé des institutions serait perçu comme un renoncement aux responsabilités confiées par le peuple.
Au-delà des sphères politique et judiciaire, les forces morales et sociales du pays ont également un rôle à jouer. Les guides religieux, les leaders d’opinion, les organisations de la société civile et les acteurs communautaires sont invités à sortir de leur réserve pour appeler au calme, à la responsabilité et au respect des lois, tout en contribuant à la sensibilisation et à la prévention.
Face à l’émotion et aux tensions, l’urgence est de tempérer les ardeurs, d’éviter les amalgames et de privilégier une réponse collective, lucide et conforme aux valeurs de justice, de dignité humaine et de cohésion sociale. C’est à ce prix que la confiance entre les citoyens et les institutions pourra être préservée.
Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication
Kaolack
