Affaires médiatisées : quand certains  » chroniqueurs » des réseaux sociaux franchissent les lignes rouges . Du waax sa xalaat sur des dossiers pendants devant la justice , c est de l'amateurisme et de l'ignorance

Au Sénégal, certaines affaires qui défraient la chronique donnent lieu à des dérives médiatiques préoccupantes. Des influenceurs et des soi-disant chroniqueurs, installés sur des plateaux de télévision ou actifs sur les réseaux sociaux, s’improvisent enquêteurs, procureurs, voire juges.

Dans certaines situations sensibles, plus de retenue s’impose. Beaucoup de ces intervenants ne maîtrisent ni le lexique juridique ni les principes fondamentaux de la procédure pénale. Ils confondent allègrement un présumé, un mis en cause, un inculpé, un accusé, mélangeant les statuts au mépris de la présomption d’innocence.

Le plus grave est ailleurs : à force de commentaires hasardeux, d’affirmations non vérifiées et d’analyses approximatives, ils contribuent à perturber le travail des enquêteurs et de la justice. Certains vont jusqu’à prononcer des sentences sur les réseaux sociaux alors que les dossiers sont pendants devant les juridictions et sont loin d’avoir connu leur épilogue.

La situation qui prévaut à l’UCAD en est une illustration. Des voix s’élèvent, péremptoires, affirmant détenir des vérités qu’elles ne possèdent pas. Dans ces moments, le journaliste et le chroniqueur doivent connaître leurs limites. Informer, oui. Relater les faits établis, oui. Suivre les rebondissements, c’est leur devoir. Mais s’introduire imaginairement dans un dossier, inventer, extrapoler ou tenter d’influencer l’opinion publique, c’est franchir une ligne dangereuse.

Au Sénégal, dès qu’une affaire éclate, tout le monde devient expert. Cette anarchie médiatique doit cesser. Trop, c’est trop.

Les autorités étatiques et judiciaires gagneraient à communiquer officiellement et régulièrement afin de couper court aux spéculations et au vacarme médiatique. Des mesures doivent également être envisagées pour rappeler à l’ordre ceux qui brouillent les pistes et compromettent la sérénité des enquêtes.

La liberté d’expression est un pilier de la démocratie. Mais elle ne saurait justifier l’irresponsabilité. Informer n’est pas manipuler. Commenter n’est pas juger.

Il est temps de restaurer la rigueur, l’éthique et le professionnalisme dans l’espace médiatique sénégalais.

« Chroniqueurs » face à leurs responsabilités

Certains chroniqueurs, si prompts à accuser, dénoncer et salir des réputations sur les plateaux ou les réseaux sociaux, se retrouvent bien démunis lorsqu’ils sont convoqués pour diffamation ou diffusion de fausses nouvelles.

Devant les enquêteurs, ceux qui se présentaient comme des donneurs de leçons deviennent soudain hésitants. Incapables d’apporter des preuves solides à leurs affirmations, ils finissent souvent par présenter des excuses.

La liberté d’expression est un pilier fondamental de la démocratie. Mais elle ne doit pas être confondue avec la liberté de diffamer, d’inventer ou de manipuler l’opinion. Informer exige rigueur, responsabilité et respect de l’éthique.

Prendre la parole en public n’est pas un jeu. Chaque mot prononcé peut impacter une vie, une carrière, une famille. Il est donc temps que certains comprennent que la notoriété ne remplace ni la vérité ni la compétence.

Dans un État de droit, la parole engage. Et celui qui accuse doit être prêt à assumer.

Mamadou Camara

Journaliste

Kaolack

 

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comment 1 commentaire
  • Anonyme

    Très pertinent doyen.

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